Le statut et le traitement des femmes sont un indice de démocratie d’une société. La plupart des régimes autoritaires s’attaquent aux femmes en premier lieu. Quasiment tous les systèmes religieux leur réservent un sort différent, plus ou moins inférieur.

Il faut faire prendre conscience que les femmes sont la moitié (et même un peu plus) de l’humanité. En termes biologiques, elles sont des hommes comme les autres, à ceci près que les mâles ont un chromosome différent sur 46. Il paraît incroyable d’avoir à écrire cela au XXIème siècle.

En termes économiques et sociaux, il est avéré par toutes les études que les sociétés ne se développent que lorsque les femmes sont éduquées. Un couple éduqué éduque ses enfants et un cercle vertueux s’installe. L’inverse est également vrai.

 

L’idéal républicain doit s’abstraire de toute considération religieuse ou idéologique concernant les femmes et les faire traiter comme des citoyens comme les autres à tous égards, notamment pour les droits sociaux. La République doit être particulièrement vigilante aujourd’hui  à protéger les femmes qui seraient la cible de pratiques discriminatoires.

Il ne faut pas éviter de parler de ces pratiques discriminatoires, même si elles sont d’ordre religieux, car nos concitoyens en souffrent, soit directement soit indirectement, et ne comprennent pas que les « élites » n’en parlent pas. Il faut qu’un candidat à la Présidence de la République dise clairement que quelle que soit la religion, celle-ci peut être pratiquée mais ne doit pas porter atteinte aux droits des femmes, citoyens comme les hommes : notamment, accès à l’école et au travail, égalité de traitement, liberté de parole et de comportement… D’une manière générale, les atteintes au statut égal des femmes par rapport aux hommes doivent être sévèrement sanctionnées, quelle qu’en soit l’origine. Il ne faut pas tomber dans le piège de la « stigmatisation » mais pas non plus dans celui de l’accusation de stigmatisation. Il ne faut pas tout confondre, il ne faut stigmatiser personne, mais en même temps il faut savoir ne pas accepter des manœuvres telles que : non envoi des petites filles à l’école, obligations de mariage, sévices faits aux femmes qui s’adressent aux associations, remise en cause de l’autorité des femmes professeurs ou médecins, etc. et ce, de quelque origine qu’elles soient, de même qu’il convient de poursuivre les criminels qui se livrent au trafic de femmes.

Ne pas accepter signifie condamner ceux qui se livrent aux discriminations, tout en poursuivant une action d’information et de suivi social. Cette attitude repose sur le respect général du cadre républicain et laïc. Laïc ne veut pas dire antireligieux, mais au contraire, acceptation de toutes les religions, avec le respect d’un cadre de valeurs communes pour qu’elles puissent cohabiter. Ces valeurs sont celles de la République et s’imposent à tous.

Nous suggérons de lancer une campagne d’information sur « les femmes, des hommes comme les autres », dans les écoles en premier lieu, avec obligation de lecture et de discussion d’un texte simple sur le sujet dès le CP. Ce texte d’une page maximum et facile à lire rappellera la laïcité telle que définie plus haut et sera affiché dans chaque classe en grand et à l’entrée. Il faut aussi être intraitable sur les atteintes physiques et sociales aux femmes, sensibiliser les préfets à la recherche d’enfants non scolarisés, qui sont souvent des filles et bien sûr sans exclure évidemment les garçons (concrètement, envoi d’un suivi social d’abord puis convocation à la Préfecture puis dans des cas sérieux transfert devant le juge et /ou retrait de l’enfant en danger), vérification systématique des écoles confessionnelles et saisie des littératures qui véhiculent des pratiques non républicaines.

Dans les entreprises, il s’agit de s’engager sur une politique exemplaire auprès de l’encadrement et des dirigeants pour  valoriser l’intégration des femmes, identifier toute forme de violence ou de discrimination, et permettre à chacune d’entre elles de s’exprimer en toute confidentialité.

Sur un autre plan, il faut refuser les discriminations de salaires et de positions dans l’entreprise et continuer à se battre sans discontinuer sur le sujet : la campagne « les femmes, des hommes comme les autres » pourrait être déclinée par le ministère du Travail. On peut aussi le proposer aux syndicats patronaux et de salariés, comme slogan commun en préambule de toute déclaration. A ce sujet, les exemples brillants qui sont donnés par les médias de quelques femmes de pouvoir sont contreproductifs car ils cachent la discrimination quotidienne de beaucoup d’entre elles, notamment mais pas seulement dès qu’on parle de postes à responsabilité.

Enfin, il est obligatoire que ces idées soient défendues de manière argumentée et professionnelle au sein de l’Union européenne, dans le cadre d’une politique d’influence française générale.

Tout ne sera pas réglé en un jour, les annonces coup de poing ne servent à rien, ce qui est important est de lancer, mener et suivre une action prioritaire et de longue haleine, multiforme, de conviction et d’action en même temps, sur les terrains sociaux, de l’habitat, scolaire, en entreprise… le tout fondé sur un réel respect de l’ordre républicain.

Jean-Marie AOUST, Jean LEVAIN, Régis PARANQUE, Claude-Francine REVEL,

Valérie TALLENEAU et Martine ULMANN

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