Comme convenu, vous trouverez ci-joint un article  Wenceslas Baudrillart contre l’abstention.

Lors du dernier Bureau nous avions en effet décidé de terminer la campagne en luttant contre l’abstention. En effet selon les sondages dont il faut quand même se méfier, le niveau d’abstention devrait être plus élevé lors de cette élection présidentielle que pour les autres.

Il faut donc rappeler qu’en France et en Europe ce droit de donner son avis sur la politique de son pays a été le résultat de luttes importantes dans le passé. En France  les femmes n’ont eu le droit de vote qu’après la deuxième guerre mondiale. En Europe, les jeunes ne peuvent s’imaginer cela, à l’ouest plusieurs pays vivaient encore dans les années soixante et dix sous la dictature de généraux de droite (Espagne, Grèce, Portugal) et les pays de l’Est étaient sous le joug soviétique jusqu’à la chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS au début des années quatre-vingt dix. La démocratie pour tous en Europe est donc récente.

Dans le monde, beaucoup d’hommes et de femmes se battent encore pour ce droit dans de nombreux pays.

 

Nous qui l’avons, nous qui avons la chance d’avoir cette possibilité de choix, il faut l’utiliser pour ne pas laisser les media ou d’autres décider à notre place.

Voter, c’est ne pas subir. Même si ce n’est qu’une voix, c’est avoir une influence sur ce qui se passe, c’est participer. A une époque où les jeunes aiment à s’engager il faut leur expliquer que le vote peut être la continuation de leurs engagements sociétaux.

Et puis, je considère que celui qui n’a pas voté, n’a pas le droit de se plaindre après. Donc votez pour avoir le droit après de râler et de contester si vous n’êtes pas content.

 

Nous avions décidé trois phases pour les trois dernières semaines : la défense du bilan du quinquennat, la lutte contre le Front national et la lutte contre l’abstention. Or, contre toute attente, une offensive médiatique de dernière minute contre le bilan du quinquennat, se fait jour notamment contre l’excellent document réalisé par l’Elysée et que nous vous avons envoyé, sur le thème : l’Elysée a travesti les faits et les chiffres. Et bien sûr aucun candidat ne prend la défense du quinquennat. Même certains d’entre nous avouent maintenant ne pas soutenir le bilan. Il faut donc rappeler que ce quinquennat aura permis de réformer peu à peu la France pour qu’elle puisse mieux répondre aux défis du monde tel qu’il est, peut-être pas assez mais d’une manière plus durable grâce au dialogue social. Malgré les crises de tous ordres, sans austérité, François Hollande a permis de réduire les déficits, d’améliorer la compétitivité des entreprises, de conserver et même d’améliorer notre modèle social, de préserver l’indépendance de la France, de résister et de lutter contre le terrorisme et de retrouver sa place sur le plan Européen et international. On commence à voir les résultats sur le plan économique :redémarrage de la croissance, réduction des déficits publics, amélioration des marges des entreprises, début de la réduction du chômage, création en 2016 d’un nombre d’emplois sans précédent depuis de nombreuses années, record des investissements étrangers en France, construction records de logements depuis 3 ans, etc…

 

Continuons à D12 à nous adresser à l’intelligence, ne craignons pas de dénoncer les supercheries d’où qu’elles viennent. Ayant été moins impliqués collectivement dans la fièvre électorale, cela nous évitera bien des déceptions par la suite et nous laissera notre capacité de pouvoir à nouveau parler à tout le monde, car il y aura une vie après le 7 mai.

Jean-Marie Cambacérès.

 

NON A L’ABSTENTION !

NON AU VOTE BLANC !

NON AU FRONT NATIONAL !

 

Voter ? Ne pas Voter ? Vous avez le choix. Vous en avez le droit ! Vous avez de la chance : il y a des pays où le vote est obligatoire, il y a des pays où il n’est pas question de voter. En plus, si vous votez, vous avez le droit de choisir. De choisir entre 11 candidats. Un Jacques Cheminade qui prétend, au même titre que François Fillon, à la fonction de président de la République. Une Nathalie Arthaud qui pense, comme Emmanuel Macron, pouvoir être désignée par 50% + 1 voix des électeurs au poste, au titre, à la fonction de Président de la République française. Avez-vous présent à l’esprit le nombre de pays où il n’y a aucun choix ? où il y a un candidat unique ? où il y a plusieurs candidats mais où un seul a droit de s’exprimer sur les chaînes de radio et de télévision ? où un candidat peut être élu avec 2.900.000 voix de moins que sa concurrente ? Demandez aux Russes, aux Cubains, aux Syriens, aux Kazakhs, aux Chinois comment cela se passe pour eux, pas dans la théorie, pas dans le texte de leur constitution, non : dans la réalité des semaines qui précèdent l’élection où les candidats dissidents peuvent se faire agresser et leurs soutiens assassinés. Donc vous pouvez voter ou ne pas voter, c’est votre privilège et si vous votez vous pouvez choisir entre des modèles politiques différents, clairement définis par leurs porte-paroles, lisibles dans nos journaux et sur leurs sites, visibles sur nos écrans, audibles sur nos radios.

Mais pouvez-vous voter pour n’importe lequel de ces 11 candidats ? Avec de vraies différences dans leurs projets économiques, sociaux, géopolitiques institutionnels, incarnent-ils tous ce fond commun de valeurs, de croyances, de réflexions et de réflexes politiques autour desquels la France républicaine s’est construite ? Si l’on en revient à l’indépassable discours de Renan : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis », pouvons-nous considérer que tous s’inscrivent dans cette vision ?

Disons-le clairement : NON. Et pour gagner du temps et ne pas se perdre parmi ceux qui aspirent à passer de 0,5% à 0,6% des voix, concentrons-nous sur les quatre principaux, principaux en ce qu’ils sont désignés par tous les sondages comme  en tête du premier tour. Ceci ne signifie aucun mépris à l’égard d’un Philippe Poutou ou d’un Nicolas Dupont-Aignan qui, si minoritaires soient-ils, expriment des permanences de la pensée politique française.

Dans notre « bande des quatre », les uns sont plus ou moins partisans du développement de l’Union européenne dans la continuité de son histoire depuis 1945, d’autres souhaitent des aménagements, des inflexions. Les uns sont partisans d’une protection accrue des salariés par un droit du travail encore plus formalisé, d’autres sont partisans de cette protection par un assouplissement du droit du travail qui favoriserait la croissance économique. Les uns sont partisans d’une forte réduction des effectifs des fonctions publiques, les autres d’une diminution légère ou d’une augmentation substantielle. Tous, sauf un, sont partisans d’un renforcement des forces de sécurité et de leur équipement, mais ils ne mettent pas leurs curseurs à la même hauteur. Quelques-uns veulent renforcer nos coopérations internationales, y compris militaires. D’autres veulent les distendre jusqu’à proposer de sortir de l’OTAN.

Mais trois ont en commun un socle : Les Lumières, telles que la France dès la fin du XVIIe et tout au long du XVIIIe siècle les a formulées et les a transmises au monde occidental, de l’Aufklärung allemand aux Afrancesados espagnols en passant par l’Illuminismo italien, telles qu’elle les a condensées dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, telles qu’elle les a exprimées dans la loi de 1905 sur la laïcité. Ils ont une conception inclusive de la Nation dans ses évolutions au cours des décennies, avec les apports successifs que son développement a aspiré, des mineurs polonais des années 20 aux réfugiés syriens d’aujourd’hui. Ils pensent que la laïcité est une construction raisonnée pour la cohabitation de croyances différentes dans un respect mutuel. Ils croient à un système de protection sociale généralisée, reposant sur la solidarité des financements et des générations.

Un candidat, très précisément une candidate, Mme Le Pen, candidate du Front national, se détache totalement de ce socle de valeurs et quand elle s’en réclame c’est pour le subvertir. L’Union européenne, elle ne dit pas vouloir en sortir mais toutes ses propositions y tendent inéluctablement. La solidarité transatlantique et les coopérations internationales, elle les rejette : sortie de l’Otan et refus de tous les traités multilatéraux d’échanges économiques. Notre conception inclusive de la nationalité dans son spectre allant de l’intégration à l’assimilation : elle la rejette pour en venir à un strict droit du sang. L’ouverture économique qui permet aux ménages français de bénéficier d’une production venue du monde entier au meilleur prix, elle la refuse derrière l’écran du mot « patriotisme économique » sans être capable de répondre à la question : qui fabriquera les millions de tee-shirts à un bout de la chaîne des technologies et les 8 millions d’ordinateurs que nous achetons chaque année à l’autre bout de cette chaîne ? Ouverture économique qui permet aussi à la France, sans pétrole ni gaz à vendre, d’être le 8ème exportateur mondial. Dans quelle usine miraculeusement épargnée au fond d’une province ignorée trouverons-nous les milliers de machines-outils que consomment nos industries ? La solidarité fondamentale de notre système de protection sociale, elle la rejette en la réservant strictement aux nationaux. L’obsession sécuritaire transparaît à chacun de ses « 144 engagements présidentiels ». Le rejet de l’étranger, et tout particulièrement du musulman, est transversal à toutes ses propositions. A l’heure où le Président de la République honore les 565.000 soldats nord-africains et subsahariens qui ont contribué à la victoire française de 1918 et les 325.000 qui ont contribué à l’effacement de l’effondrement honteux de 1940, cette « divine surprise » des vichystes qui composèrent les premières troupes du Front national,, Mme Le Pen ne songe qu’à bloquer l’arrivée de leurs descendants en France, à empêcher leurs regroupements familiaux. Semblant ne pas voir qui peuple les chantiers de construction de nos immeubles, de nos routes, de nos autoroutes, de nos voies de TGV, elle les englobe dans une suspicion généralisée de communautarisme porteur de délinquance et de terrorisme.

D12 vous le dit : vous avez le DROIT de ne pas voter. Vous avez le DEVOIR de voter. Nous avons le devoir de voter contre celle qui veut dénaturer notre France construite par les révolutionnaires, par les républicains, par les résistants, par ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas et pourtant communient dans leur respect mutuel. Oui, le 23 avril est une date cruciale pour la France, Mme Le Pen doit être battue par notre vote.

 

Wenceslas Baudrillart

 

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