1) Situation actuelle

Lors du referendum du 23 juin 2016, le Royaume Uni a décidé de quitter l’Union Européenne par près de 52% des voix.
D12 qui était plutôt pour le maintien de la Grande Bretagne dans l’Union ne se réjouit pas de ce résultat. C’est un message négatif aux yeux du monde et un affaiblissement important de l’Europe sur le plan international.

Les conséquences de ce choix tant pour la Grande Bretagne elle-même que pour les 27 autres Etats sont difficiles à apprécier totalement. Pour la France, il est sûr que cela ne va pas favoriser la reprise qui s’amorçait ni la création d’emplois.
C’est la première fois depuis la création de l’UE que l’un de ses membres, et pas n’importe lequel, décide de rompre. C’est une crise grave. C’est un précédent dangereux. Il faut éviter la contagion.
Ceci dit, il faut prendre acte de ce vote, en tenir compte et essayer de relancer et réorienter l’idée européenne car la Grande Bretagne au sein de l’Union Européenne a toujours freiné la notion d’Europe-puissance, n’a jamais été aux avant-postes des avancées et à toujours essayé de limiter l’Union Européenne à une zone de libre-échange. De plus la pratique de l’anglais s’est peu à peu imposée au détriment du français et des autres langues du traité fondateur. Ne nous résignons pas, faisons de cette crise une opportunité, essayons de réenchanter l’Europe.

2) Que faire ?

D12 pense qu’il ne faut pas s’enliser pendant des mois, voire des années de discussions pour la sortie de la Grande-Bretagne. Il faut aller vite et repartir sur de nouvelles bases.

Les prudences répétées, les négociations sans fin, la multiplication des exceptions pour les uns et pour les autres a conduit à l’immobilisme et à l’effacement. Il faut bien sûr s’adresser à tous les pays membres y compris aux nouveaux, mais c’est aux pays fondateurs, dont la France et l’Allemagne de proposer une vision, un plan d’action précis à partir de quelques idées fortes, par exemple : une nouvelle organisation de la zone euro, une politique d’immigration assumée, une définition et une protection des frontières extérieures et une défense commune face au terrorisme islamiste radical.

Le Président de la République François Hollande a eu raison, dès le lendemain du Brexit, de consulter l’ensemble des responsables politiques Français et plusieurs personnalités importantes Européennes et Internationales avant le Sommet Européen des 28 et 29 juin, pour avoir l’avis de tous.
Maintenant, il n’y a pas de temps à perdre. La crise est profonde, et l’Europe n’a pas à assumer les dégâts collatéraux du pari perdu du Premier Ministre britannique.

D12 de reprendra pas à son compte les slogans des populistes de tous bords contre l’Europe des marchands ou contre l’Europe des technocrates, car il faudra toujours avoir des entreprises compétitives et développer le commerce et il faudra toujours des fonctionnaires pour gérer un ensemble important. Mais il faudra tenir compte du fait que pour les peuples, le niveau national reste et restera encore longtemps celui auquel ils se réfèrent en matière de souveraineté et d’identification.  François Mitterrand disait : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir », c’est toujours le cas.

Pour positiver et retrouver la confiance des peuples pour l’Europe, il faut trouver un nouveau slogan : celui d’une « Europe-protection ». Protection de sa façon de vivre, protection de son modèle social, protection de sa culture, protection de ses emplois, protection de son environnement, protection de ses frontières, protection de sa sécurité…  La France est attendue avec ses nouvelles propositions pour cette « Europe-protection ».

Les dirigeants Européens ne doivent pas proposer de mesures nouvelles mécaniques de plus d’intégration sinon cela décuplera la fureur des peuples, ni forcément proposer un nouveau traité ou de nouvelles réformes institutionnelles qui en Europe font un peu toujours « usines à gaz », mais des mesures concrètes visibles (comme Erasmus), pour la croissance, pour l’emploi, pour la sécurité, pour la protection des frontières, pour la défense…
Voilà pour le court terme.

A moyen terme d’autres mesures devront être prises pour que les futures générations aient une vision plus positive et plus globale de l’Europe. D12 en propose deux : que soit rédigé un ouvrage commun « d’instruction civique européenne » et qu’à partir de cet ouvrage un cours d’instruction civique européenne soit dispensé dans toutes les classes de tous les collèges et lycées de tous les pays de l’Union Européenne, et qu’en France, le plus vite possible, aucun élève ne termine sa scolarité dans le secondaire sans être allé au moins une fois à Bruxelles ou dans un autre pays européen.

Conclusion

D12 reste favorable à la poursuite de la construction Européenne, car face au monde qui bouge, un monde violent et incertain, un monde où de nouvelles puissances apparaissent, il faut marcher ensemble pour être plus forts, et notre premier cercle de solidarité, c’est l’Europe. Mais une Europe réorientée qui prendra mieux en compte concrètement les aspirations de ses habitants.

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