Beaucoup a été dit et écrit sur le bilan du quinquennat du Président François Hollande par des éditorialistes, des économistes, les frondeurs, les spécialistes de la politique mais très peu de ses soutiens de la première heure issus de la société civile se sont exprimés.

Nous avons voulu retracer son quinquennat à la lueur de sa vision explicitée en particulier dans son livre publié en 2011 « Le rêve français », sa conférence de presse sur son programme détaillé en 2012 et son discours du Bourget et à la lueur de la réalité vécue au jour le jour pendant 5 ans.

Nous avons également, après avoir retracé les éléments clés de son bilan, voulu tenter une analyse des raisons du « désamour des français » et donc de son renoncement.

C’est un Président qui a eu à redresser une France laissée en état de quasi faillite et déprimée dans un contexte de crise européenne, et qui au moment de l’approche du dernier kilomètre de sortie du tunnel se retrouve confrontée à une situation dramatique, de guerre totale contre le terrorisme.

Ce Président aura eu, dans ces circonstances difficiles, à préparer la France du 21ème siècle en la rendant plus forte et plus juste, en redressant sa situation économique sans casse sociale et en maintenant sa cohésion et son unité au cours des périodes d’attentats terroristes.

 

 

UNE FRANCE PLUS FORTE

 

LE REDRESSEMENT DU PAYS

 

Le Président François Hollande a respecté son principal engagement qui était le redressement du pays dans la justice.

La nécessité de réduire les déficits publics et de restaurer la compétitivité des entreprises a été martelée par François Hollande pendant la campagne des primaires et pendant la campagne de 2012 et (cf. engagement 9 « le déficit public sera réduit à 3% du produit intérieur brut en 2013. Je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin de mandat »).

Or une partie de la gauche et du parti socialiste appuyée par les médias n’a cessé pendant 5 ans d’invoquer le non-respect de ses engagements, reprenant ainsi l’éternel procès fait à la gauche de gouvernement lorsqu’elle exerce le pouvoir.

Pourtant :

  • La politique menée correspond aussi à la grande cohérence politique de François Hollande une première chez les Présidents de la V république et chez les hommes politiques français en général cf. le discours de Lorient en juin 2009 « l’après crise sera le temps de l’ajustement budgétaire et fiscal, compte tenu des déficits publics gigantesques qui sont en train de se creuser. La gauche devra faire preuve de courage). Il parlait déjà de la politique de l’offre dans un article paru le 18 juin 1985 : « c’est l’insuffisance des investissements de capacité plus que l’affaiblissement de la demande qui explique le mieux le chômage…Qu’il soit nécessaire de transférer une part des charges de l’entreprise sur les ménages nul ne le conteste vraiment»
  • En prônant un pacte de compétitivité, François Hollande est le premier leader socialiste français à avoir dit aussi clairement qu’il fallait mener une politique de l’offre. Cf. en Novembre 2012 « Aujourd’hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive et je l’assume ! Et en même temps, nous devons préserver la demande et faire la mutation, c’est-à-dire comprendre que le monde est en train de changer, que la transition vers une nouvelle façon de produire, de consommer, de nous transporter est en marche.»
  • Ceux qui n’ont cessé à gauche de critiquer la politique menée ont oublié aussi que « la gauche est minoritaire en 2012, elle est encore plus minoritaire en 2016» (cf. François Hollande dans le livre de Davet p 633).
  • Faire un mantra du respect de tous les engagements fixés à une période donnée équivaut à s’interdire d’adapter la politique d’un pays aux changements multiples qui peuvent se produire, aux crises et aux faiblesses d’une économie.
  • Enfin il ne faut jamais oublier que le mandat de François Hollande aura été un des plus difficiles de la V république. Il aura été confronté à une succession de crises très graves internationales et nationales (Zone Euro, Grèce, Ukraine, montée du terrorisme dans le monde, multiples attentats sur le sol français …)

La méthode choisie et voulue par François Hollande était social-démocrate, comprenant dialogue social et culture du compromis, méthode encore inadaptée à un pays habitué au rapport de force. En cela il a voulu faire entrer la France dans la modernité du processus de décision.

Le chef de l’État sortant peut se targuer de laisser une croissance et des comptes publics pratiquement conformes aux critères européens, d’avoir préservé le modèle social, en dépit de la crise, et fini par inverser la courbe du chômage, à laquelle il avait lié son éventuelle candidature.

Une des difficultés à laquelle a été confronté François Hollande c’est que les politiques de l’offre mettent plusieurs années à produire des résultats. Or les français étaient impatients et une partie du PS par idéologie et méconnaissance économique n’a pas été capable de faire un travail d’explication. De même François Hollande n’a pas su faire la pédagogie de sa politique.

 

1)  La restauration des comptes publics

En mai 2012, le déficit était de l’ordre de 5, 3 %, la croissance nulle.

La restauration des comptes publics et la diminution du déficit public constituaient une urgence au moment où François Hollande a accédé au pouvoir et ce d’autant que la zone euro traversait une crise qui remettait en cause son existence même :

François Hollande a augmenté dans un premier temps les prélèvements sur les ménages et les entreprises, solution plus rapide que la diminution des dépenses publiques qui met davantage de temps à produire des effets et qui sera mise en œuvre parallèlement.

Le déficit public a été réduit fortement en 5 ans pour s’établir à 2,7 % selon les dernières prévisions du gouvernement Hollande.

Les dépenses de l’Etat ont baissé de 6,3 milliards d’euros entre 2012 et 2016.

Sur la même période, le déficit de la Sécurité sociale et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) a reculé de trois milliards d’euros par rapport à 2015 pour atteindre 7,8 milliards d’euros, soit le montant le plus faible depuis 2002. En 2012, il avait atteint 17,5 milliards d’euros.

L’ajustement budgétaire nécessaire et justifié a donc été conséquent malgré la conjoncture défavorable et faute d’explication du bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy a conduit au « ras le bol fiscal »

 

2) Les mesures pour relancer l’économie

Très vite après l’élection de François Hollande, il est apparu que la situation des entreprises françaises était beaucoup plus dégradée que prévue et que sans restauration de leur compétitivité, il serait impossible de faire baisser le chômage à terme.

a) Le Pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi annoncé le 6 novembre 2012, vise à redonner aux entreprises qui opèrent en France les moyens de se repositionner de manière offensive et durable dans la compétition internationale, tout en concourant à la compétitivité de l’économie nationale avec notamment :

  • La mesure phare, le CICE, l’instauration d’un crédit d’impôt pour toutes les entreprises employant du personnel salarié. Il est égal à 4 % de la masse salariale brute pour les rémunérations inférieures ou égales à 2,5 smic en 2013, puis à 6 % en 2014.
  • L’accès à des financements performants et de proximité par la création de la Banque publique d’investissement (BPI), avec une nouvelle garantie publique permettant d’apporter plus de 500 M€ de trésorerie aux PME et l’établissement d’un plan d’action pour lutter contre l’allongement des délais de paiement.
  • La simplification et la stabilisation de l’environnement réglementaire, administratif et fiscal et un accueil facilité pour les talents étrangers et les visiteurs professionnels.

b) Le Pacte de responsabilité et de solidarité poursuit et amplifie les mesures engagées depuis 2012 en faveur de l’emploi et de l’investissement. Présenté en janvier 2014, son principe est d’alléger les charges des entreprises, réduire les contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, permettre plus d’embauches et davantage de dialogue social.

  • Il mobilise plus de 20 milliards d’euros supplémentaires sur trois ans pour permettre aux entreprises de retrouver les marges nécessaires pour embaucher, former leurs salariés, investir et innover.
  • Le coût du travail au niveau du Smic est réduit avec l’exonération des cotisations patronales versées aux Urssaf
  • Les cotisations familiales baissent pour les travailleurs indépendants, à hauteur d’1 milliard d’euros

Le Pacte est financé :

  • Par la maîtrise des dépenses publiques : le Gouvernement s’est engagé, à réaliser 50 milliards d’euros d’économies entre 2015 et 2017 ;
  • Par la lutte contre la fraude fiscale : en 2013, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales a permis de recouvrer plus de 10 milliards d’euros, soit 1 milliard d’euros de plus qu’en 2012.

c) La Loi pour la croissance et l’activité dite « loi Macron » 6 août 2015

La loi qualifiée de « fourre-tout » vise de manière générale à « libérer » l’activité économique en introduisant plus de concurrence, notamment dans les secteurs réglementés.

Parmi ces mesures, on trouve :

  • L’élargissement des possibilités d’ouverture des commerces le dimanche et la nuit.
  • La libéralisation des transports par cars grâce à la suppression du monopole de la SNCF.
  • Une réforme de la réglementation de certaines professions (notaires, huissiers de justice et commissaires-priseurs) afin d’augmenter le nombre de ces professionnels.
  • Une incitation à l’épargne salariale et à l’actionnariat salarié.
  • Simplification de la procédure prud’homale.
  • Assouplissement du permis de conduire.

La politique économique mise en place a produit les résultats attendus puisque :

  • La croissance repart fortement, elle est installée depuis fin 2016 sur un rythme solide, d’environ 0,5% par trimestre pour atteindre vraisemblablement près de 2 % en 2017.
  • La consommation des ménages, en hausse de +0,2% et de +0,4% au premier et au deuxième trimestre 2017 reste solide.
  • L’investissement continue de progresser, que ce soit celui des entreprises (+0,9% et +0,5%) ou celui des ménages (+0,9% et +1%).
  • Le retour de l’attractivité de la France, avec un bond très important en 2016, sans invitation des entreprises étrangères à Versailles… (La France est passée à la troisième place européenne derrière l’Allemagne et le Royaume uni)
  • Baisse sensible du coût du travail.

Avant le mandat de François Hollande le coût du travail progressait plus vite en France qu’en Allemagne. Désormais c’est le contraire, le coût du travail progresse moins vite dans notre pays ce qui fait que nos entreprises gagnent en compétitivité (+ 1,7 % sur un an. A comparer avec + 2,2 % en Allemagne. Et + 3 % au Royaume Uni.)

Pour Axel de Tarlé (Europe 1, 20 Décembre 2017) « La méthode employée par François Hollande a été douce. Plutôt que de baisser les salaires (ce qui est douloureux). On a baissé les charges des entreprises (avec le CICE). Pour les entreprises ça revient au même c’est autant de moins à payer ».

 

3) la diminution du chômage

En plus des différentes mesures prises pendant la première partie du quinquennat, des emplois aidés et des emplois d’avenir, un plan d’urgence contre le chômage a été mis en œuvre en Janvier 2016 avec notamment :

  • Le dispositif « Embauche PME » : une PME qui embauche un salarié à temps plein et rémunéré jusqu’à 1,3 fois le Smic pourra bénéficier pendant deux ans d’une aide forfaitaire de 500 euros par trimestre, soit 4 000 euros au total
  • 500 000 formations supplémentaires en 2016 en faveur des demandeurs d’emploi.

François Hollande avait lié sa candidature en 2017 à l’inversion de la courbe du chômage.

Cet engagement lui a été beaucoup reproché. Or on peut considérer qu’au contraire c’était l’affirmation d’une politique volontariste et une obligation de résultat pour l’exécutif. Ce qui en réalité a posé problème c’est l’appréciation de cette courbe du chômage en se basant uniquement sur les chiffres de pôle emploi, mois par mois, qui n’étaient pas significatifs et ne donnaient pas de vue d’ensemble.

Au sens de l’Insee, et selon les normes du BIT, le chômage a fortement augmenté jusqu’à la mi-2013, s’est stabilisé autour de 10% en métropole, avant de décroître à partir de 2016.

François Hollande a donc entièrement rempli ses engagements : réduire les déficits publics, restaurer la compétitivité des entreprises, retrouver de la croissance et diminuer le chômage.

 

L’ACTION INTERNATIONALE ET EUROPEENNE

 1) L’action en Europe

Pendant la campagne de 2012, François Hollande s’était fixé l’objectif de changer l’Europe, considérée à gauche comme trop libérale, trop focalisée sur la réduction des déficits et pas assez sur la relance de l’économie. Son objectif paraissait ambitieux, face à l’intransigeance d’Angela Merkel en matière budgétaire.

Très vite il est apparu que la situation économique très mauvaise de la France en 2012 ne permettrait pas à François Hollande d’atteindre ses objectifs rapidement car le pays n’était pas en situation de force face notamment au Royaume Uni qui n’avait pas encore voté le Brexit et face à l’Allemagne. Dans ce domaine aussi il était indispensable que l’économie du pays s’améliore pour que la France redevienne crédible vis-à-vis de ses partenaires. D’où la cohérence de la politique économique qu’il a menée.

Contrairement à ce qui est répété par les commentateurs, François Hollande a formulé beaucoup de propositions dans des domaines très différents pour faire avancer l’UE. En définitive, s’agissant de la politique européenne, le Président aura fait preuve d’une forte capacité de proposition.

Confronté à de multiples crises, à une opposition parfois forte des autres Etats membres et à un fonctionnement institutionnel européen complexe, sa marge de manœuvre a pu être réduite.

La question était : fallait-il renverser la table ou établir des compromis : François Hollande a toujours privilégié les compromis car il considère « que c’est comme cela que fonctionne l’UE, qu’on avance plus efficacement sans arrogance et sans braquer des pays les uns contre les autres »

 a) Propositions économiques

Le traité budgétaire a été ratifié mais François Hollande a obtenu qu’y soit adjoint un pacte sur la croissance de 120 milliards, puis le plan Juncker beaucoup plus ambitieux.

  • Euro obligations : refus de Merkel
  • Inflexion dans la politique monétaire BCE : En janvier 2015, BCE lance un programme inédit de « quantitative easing »
  • François Hollande a œuvré avec Donald Tusk pour la mise en place d’une « Europe de l’énergie » accord de principe des 28 lors du sommet européen du 19 mars 2015, grâce à une alliance entre les deux dirigeants.
  • Initiative pour la mise en place d’1 taxe sur les transactions financières.
  • Agence de notation européenne approuvée par le Parlement UE, mais la commission a été beaucoup plus réticente.
  • Directive européenne sur la protection des services publics et mise en place d’une taxe carbone européenne, (en suspens).

b) Propositions sur la refonte de l’union politique

La plupart des propositions formulées par la France aujourd’hui sont en réalité celles qui ont été portées par le Président Hollande pendant 5 ans :

*Pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait rêvé d’un nouveau traité avec l’Allemagne à l’occasion des 50 ans du traité de l’Elysée. « En janvier 2013 (…), si les Français m’en donnent mandat, je proposerai à la chancelière d’Allemagne l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand »

La signature d’un nouveau traité s’avérant compliqué, François Hollande a proposé de conclure un compromis solide avec la chancelière Angela Merkel pour « redonner un contenu à l’union politique européenne » :

  • Création d’un groupe de travail consultatif franco-allemand qui proposera des initiatives conjointes dans le domaine de la compétitivité ainsi que du modèle social des deux pays.
  • Parmi les secteurs privilégiés, l’économie numérique avec la réalisation possible d’une académie numérique.
  • Concernant la citoyenneté européenne, France et Allemagne veulent « œuvrer à la mise en place d’un parquet européen et à la mise en place d’un régime d’asile européen commun ».
  • Un « new deal » sous forme de 8 milliards d’euros destinés à financer des mesures pour l’emploi et la garantie jeunes de moins de 25 ans en grande précarité.

François Hollande présente officiellement ses propositions pour réformer les institutions européennes au Conseil européen, en juin 2014. Y figurent l’idée d’un salaire minimum dans chaque pays, un rapprochement des politiques fiscales et la création d’un poste de président de l’Euro groupe à plein temps…

En mai 2015, Angela Merkel signe avec le Président français une contribution commune qui reprend une grande partie de ses propositions, appuyée ensuite par le « rapport des cinq présidents » de l’UE (Conseil européen, Parlement européen, Commission européenne, Eurogroupe et BCE) .Le 14 juillet 2015, François Hollande va un cran plus loin en prônant la mise en place d’une nouvelle institution : un parlement spécifique à la zone euro.

c) Grèce

François Hollande a joué un rôle primordial pour le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Pour Bruno Cautrès, chercheur au CEVIPOF « la crise grecque aura été l’occasion, pour François Hollande, de prouver aux électeurs qu’il tenait deux de ses promesses : son opposition au ’monde de la finance’ (incarné par l’Allemagne et le FMI), et la réorientation du traité budgétaire. Il a, à travers cette opération, montré qu’une communauté politique intégrée était privilégiée sur les enjeux économiques »

 d) Ukraine

C’est François Hollande qui a permis de renouer le dialogue entre les parties au plus fort de la crise, en établissant une rencontre, lors des célébrations des 50 ans du débarquement, au printemps 2014, en Normandie. Ce dispositif appelé « Format Normandie » fonctionnera pendant tout le mandat.

C’est également François Hollande qui est à l’origine de l’initiative des rencontres à Minsk qui aboutiront à l’accord du même nom, signé le 12 février 2015.

e) Sécurité

L’Europe doit aussi beaucoup au Président Hollande en matière de sécurité. « Sur le Sahel, la France a réussi à faire en sorte que les Européens s’approprient les enjeux de la région, ce qui n’était pas gagné. Aujourd’hui, cette région apparait sur le radar de toutes les capitales européennes. C’est un changement qu’on peut imputer à une politique active de la France » indique Vincent Pertusot de l’IFRI.

 f) Réfugiés

François Hollande a été très critiqué par une partie de la gauche, celle-là même qui n’aura cessé de le faire pendant 5 ans.

Dans l’absolu, il est vrai que la politique d’accueil des réfugiés de François Hollande a été timorée au regard de l’action en la matière de la chancelière Merkel.

Mais il convient de noter que François Hollande en septembre 2015 en accord avec l’Allemagne promettait d’accueillir 24.000 réfugiés.

L’Europe s’est trouvée profondément divisée par la crise des réfugiés, de nombreux pays à l’est de l’Europe ayant refusé de partager le fardeau des demandeurs d’asile.

François Hollande a choisi une position médiane pour tenir compte du contexte tendu en France (le contexte allemand étant en 2015 complètement différent) lié à la multiplication des attentats, à la montée du Front National, à la réticence et à la peur des français face à l’accueil des migrants.

On peut noter que certains de ceux qui avaient vertement critiqué François Hollande pour sa politique timorée appliquent aujourd’hui une politique encore plus restrictive….

Par ailleurs 2 textes de loi ont été votés relatifs au droit des étrangers et au droit d’asile en 2015. Ils visaient à simplifier le droit au séjour des étrangers en France et à réformer en profondeur le droit de l’asile notamment en réduisant les délais.

 

2) L’action internationale

La diplomatie politique offensive de François Hollande s’est accompagnée d’une diplomatie économique affichée.

On peut dire qu’avec François Hollande l’expression galvaudée de « la France est de retour » a pris tout son sens par rapport à son prédécesseur qui avait délaissé un grand nombre de pays ou voire même entretenait de mauvaises relations avec beaucoup d’autres.

Contrairement à certains éléments de langage actuels, François Hollande aura pratiqué une diplomatie pragmatique, en dialoguant avec la plupart des chefs d’état du monde entier mais sans jamais laisser de côté les valeurs universelles portées par la France.

C’est ainsi que Chibli Mallat dans l’Orient-le jour en janvier 2017 rendait hommage à François Hollande : « Paris demeure, pour des millions de personnes que François Hollande a sauvées ces dernières cinq années d’une menace immédiate, la capitale politique phare dans le registre humanitaire. Le Mali, la République centrafricaine, l’Irak et, dans une certaine mesure, le Liban doivent à la France sous Hollande d’avoir évité d’être complètement écrasés sous l’infâme, dans un monde où l’Occident démocratique leur a résolument tourné le dos. Dans l’effroi immense de l’enfer syrien, François Hollande a été le dirigeant qui a montré le plus de consistance, le plus de courage et le plus de détermination face à une coalition brutale de dictateurs voulant sauver leur reflet du miroir au pouvoir à Damas. Le cynisme de Barack Obama était trop fort. Le martyre d’Alep détermine déjà le registre du respect dans l’histoire du XXIe siècle : Hollande s’y retrouve très seul ».

 

 

 a) Nouvelle politique indo-Asie-Pacifique de la France tout au long de son mandat

  • En raffermissant les relations avec le Japon et la Chine malmenées par son prédécesseur (2 visites de François Hollande en Chine, une visite d’Etat du Président chinois en France), l’Inde, l’Australie (pour la première fois).
  • En développant les relations avec le Vietnam, la Malaisie, Singapour, le Laos, les Philippines (ces deux aussi pour la première fois), l’Indonésie, la Corée du Sud et le Kazakhstan..
  • En affirmant un intérêt remarqué pour les petits États insulaires du Pacifique.
  • En favorisant l’émergence d’une diplomatie territoriale de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et de l’île de la Réunion.

 

b) Renforcement de la diplomatie française en Amérique latine

  • Alors que ce continent avait été délaissé par ses prédécesseurs, renouant ainsi avec la politique de De Gaulle et Mitterrand. François Hollande a souhaité réinvestir les liens culturels forts existant entre ces pays et la France et agir également sur le terrain économique.
  • Il s’est rendu quatre fois en Amérique latine : développement des partenariats et des accords au niveau économique, scientifique et culturel. François Hollande a fait usage du « soft power » en étendant la voix de la France dans la région.
  • Il a été le premier chef d’état à se rendre à Cuba.

 

c) La France et le continent africain : une nouvelle donne

  • Restauration de bonnes relations avec l’Algérie : François Hollande partage la position algérienne sur la Libye. L’Algérie qui accueille le dialogue inter-malien prône la même solution pour la Libye. En janvier 2013, au moment de l’opération « Serval » au Mali, l’Algérie avait ouvert son espace aérien aux avions français et fourni un appui en renseignement et en ravitaillement de carburant.
  • Restauration de liens distendus avec le Maroc, la Tunisie (soutien à la démocratie tunisienne, aide dans la lutte contre le terrorisme, participation à la grande marche contre le terrorisme à Tunis en mars 2015).
  • Fin de la France Afrique : fin des officines douteuses, toutes les interventions sur le sol africain ont été faites avec l’aval de l’ONU, discours au Sénégal. Khaled ElrazCar du journal Afrik.com « la politique africaine de François Hollande a d’abord et avant tout été marquée par le respect de la souveraineté des Etats».
  • Volonté d’aller chercher des parts de marchés en Afrique anglophone et lusophone, les régions les plus dynamiques du continent et non plus seulement en Afrique francophone. Depuis 2012, François Hollande a défendu un rééquilibrage en ciblant l’Angola, l’Éthiopie, ou encore le Nigéria dont le PIB était supérieur à celui de l’Afrique subsaharienne francophone.

d) Le moyen et le proche Orient :

  • La France a incarné la défense d’une ligne dure au moment des négociations nucléaires entre l’Iran et les 5+1 (USA, Royaume-Uni, Russie, Chine, France, Allemagne). Cette prise de position ne semble toutefois pas l’avoir desservi puisque le Président iranien Hassan Rohani est venu à Paris pour signer de nombreux contrats quelques mois après la signature de l’accord sur le nucléaire.
  • Concernant le dossier israélo-palestinien, la France a essayé de relancer les négociations multilatérales après que l’Assemblée nationale et le Sénat ont reconnu l’État palestinien.
  • En ce qui concerne la Syrie, François Hollande est le seul dirigeant occidental à être resté constant dans son soutien à la rébellion, il peut se targuer d’avoir eu une certaine hauteur de vue notamment quand il prônait une intervention au moment où Assad avait franchi « la ligne rouge » en faisant usage d’armes chimiques.

e) Russie : Contacts fréquents avec Poutine : format Normandie qui a abouti aux accords de Minsk, alliance de fermeté et dialogue, refus de ventes des frégates.

 

3) Une Diplomatie au service de l’économie et du rayonnement de la France

La politique diplomatique offensive de François Hollande se traduira également par d’importants succès commerciaux avec pour la première fois des ventes de rafales ce qu’aucun autre président n’avait réussi à faire : Egypte, Inde, Qatar ainsi que très gros contrats avec l’Australie et notamment de 12 sous-marins.

Le rayonnement de la France avec François Hollande s’est également manifesté au travers d’initiatives culturelles fortes comme :

  • Au Mali, engagement de restaurer les mausolées de Tombouctou
  • Lancement d’une action de protection des œuvres culturelles menacées dans le cadre de conflits et face au terrorisme (Jack Lang chargé de cette mission)

L’action de François Hollande au plan international lui a valu de recevoir le titre « d’homme d’Etat mondial 2016 », décerné par une fondation américaine.

Ce prix lui a valu, en même temps, les sarcasmes habituels de la presse parisienne alors que son action était célébrée notamment en Afrique, le journal Afrik.com titrant : » François Hollande impopulaire, les français auraient-ils la mémoire courte, François Hollande apparemment impopulaire en France, très populaire en Afrique »

 

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

 

Les attentats terroristes de Paris ont révélé la dimension politique, humaine de François Hollande, ainsi que sa stature internationale.

Face à l’ampleur inédite des attaques terroristes en France, François Hollande a répondu au plan national par la mise en place d’une législation adaptée à la nouvelle situation dans le respect des libertés publiques, par les rappels aux valeurs de laïcité, de démocratie, par la volonté de ne pas discriminer les citoyens de confession musulmane et par le renforcement des dispositifs d’engagement citoyen.

La France a été constamment à l’initiative et en première ligne dans la lutte contre le terrorisme islamiste : Mali, Irak, Organisation de sommets africains pour lutter contre Boko Aram avec, notamment :

  • La mise en place d’un réseau francophone de lutte contre la radicalisation pour échanger des informations, partager des pratiques efficaces
  • Le soutien aux kurdes
  • Le soutien à l’opposition démocratique en Syrie.

 

  1. Les mesures sécuritaires

Pour François Hollande « La lutte contre le terrorisme implique que l’on trouve systématiquement l’équilibre, qui est celui de notre démocratie, entre la nécessité d’assurer la sécurité des Français et de préserver les libertés publiques : « 

  • Instauration de l’Etat d’urgence qui sera prolongé à 4 reprises.
  • Depuis 2013, trois lois (Loi du 13 Novembre 2014, loi sur le renseignement du 24 juin 2015, loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le terrorisme et améliorant l’efficacité et les garanties de la procédure pénale) ont permis d’adapter le cadre législatif de la France aux nouvelles formes de menace. Elles ont tout à la fois aggravé les mesures répressives, étendu l’application du code pénal aux infractions de nature terroriste commises à l’étranger par les ressortissants français ou par des étrangers résidant habituellement en France, introduit dans le droit français des mesures de police administrative novatrices en matière d’accès ou de sortie du territoire ou sur les contenus illicites des sites Internet.

Il faut noter également :

  • Réorganisation des services de renseignements pour les rendre plus efficaces.
  • Mesures pour lutter contre la cybercriminalité.
  • Plan de lutte contre la radicalité, mesures spécifiques concernant les prisons.
  • L’opération sentinelle.
  • L’augmentation importante des effectifs dans la police et dans l’armée.

 

2) La laïcité

Dans son discours salle Wagram le 8 septembre 2016 François Hollande « La laïcité n’est pas une mystique, elle n’est pas la religion d’Etat contre les religions, elle est un ensemble de règles et de droits qui organise la vie de la République« ,

« L’islam peut-il s’accommoder de la laïcité comme l’ont fait avant lui le catholicisme, les religions réformées, le judaïsme ? ». « Ma réponse est oui, clairement oui ». « La question se pose aussi à la République : est-elle réellement prête à accueillir en son sein une religion qu’elle n’avait pas prévue avec cette ampleur il y a plus d’un siècle ?», « là aussi je réponds oui, clairement oui ».

Des mesures ont été prises notamment :

  • Dans les établissements scolaires : pour lutter contre le complotisme.
  • Instauration d’une journée de la laïcité.
  • Faire participer notamment les élèves aux différentes journées de commémoration.

3) L’engagement citoyen

Le président de la République a par ailleurs annoncé la création dans chaque académie de groupes de volontaires, des « réserves citoyennes », pouvant intervenir dans les établissements scolaires ainsi que la création de la Garde Nationale le 12 octobre 2016.

L’objectif, précisé par le chef de l’Etat était de « renforcer et soulager les forces de sécurité de notre pays mises à rude épreuve par la lutte contre la menace terroriste, mais aussi de « répondre au désir d’engagement » exprimé par de nombreux français après les récents attentats.

En revanche la question de la déchéance de nationalité des binationaux convaincus d’actes terroristes proposée par François Hollande au Congrès, ovationné par les parlementaires debout, a fait l’objet d’une polémique intense.

François Hollande en sa qualité de Président de tous les français, soucieux de préserver l’unité nationale à un moment où le pays pouvait se déchirer après les attentats du Bataclan a souhaité tendre la main aux électeurs de droite. Ainsi que cela est confirmé tant par les livres de Vincent Feltesse que Davet et Lhomme. Il ne s’agissait pas d’une mesure politicienne mais de la volonté d’unir le pays et de parler peut-être à une partie des français à laquelle la gauche ne parle plus depuis longtemps.

On connait la suite : les calculs politiciens de la droite et les postures de la « gauche morale » ont contraint François Hollande à retirer le texte et à même faire un mea culpa lors de son renoncement.

La gauche opposée à cette mesure aura réussi à faire croire à tous les binationaux issus principalement du Maghreb qu’ils allaient perdre automatiquement leur nationalité alors que cela ne concernait que quelques terroristes.

On peut s’interroger sur la pertinence de l’opposition virulente de la gauche face à une mesure qui n’aurait concerné que peu de personnes, qui avait l’assentiment des français, qui avait valeur de symbole sur ce que signifie le fait d’être français, qui existait déjà dans le droit civil, et face également à la situation actuelle avec la problématique du retour ou non en France de bi nationaux partis combattre pour Daech.

 

LA COHESION NATIONALE ET L’ENGAGEMENT

 

En arrivant au pouvoir François Hollande avait la volonté de reconstruire la cohésion nationale dont il estimait qu’elle avait été rompue dans le mandat précédent, cette cohésion s’est avérée d’autant plus nécessaire face à la vague d’attentats sans précédent qu’a connue la France sous son mandat.

On peut considérer que tout le travail de mémoire qu’il a accompli au travers des différentes commémorations et les initiatives en faveur de l’engagement citoyen ont permis au pays de rester uni malgré tout.

François Hollande a été très moqué pour les commémorations auxquelles il s’est livré et pourtant :

  • Il y a la nécessité de connaître le passé pour comprendre le présent.
  • Il y a la nécessité du travail de mémoire d’autant plus important face au retour de l’antisémitisme, du racisme, face au complotisme, à l’islamisme.

Au travers de ces différents hommages, liés en partie aux commémorations des deux dernières guerres  (choix des quatre  figures de la résistance au Panthéon), c’est une vision de la France que Hollande a brossée qui reconnait toutes les mémoires (Tziganes, Chemins des dames, la réhabilitation des fusillées de 1914, commémoration du 19 mars 1962…)

Une vision de la France qui réconcilie et qui n’oppose pas, où chacun peut se sentir français avec ses différentes appartenances. Une vision de la France détachée des références habituelles et convenues à Napoléon, Jeanne d’Arc, les Rois de France…

François Hollande s’est livré à un véritable « retissage » des liens entre les citoyens français qui n’a pas été perçu comme tel sur l’instant mais dont on peut penser qu’à « bas bruit » cela a contribué à permettre à la France de ne pas se déchirer.

On peut citer ainsi notamment :

  • La reconnaissance des « souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien ». Parmi ces souffrances, il avait cité « les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata ».
  • La commémoration du 19 Mars 1962.
  • La commémoration du génocide arménien, du massacre des tziganes pendant la dernière guerre.
  • Les hommages à la mémoire juive : Drancy, enfants d’Izieux, mémorial de la shoah, participation aux 70 ans d’Auschwitz.
  • Le panthéon.
  • Inauguration de Notre Dame de Lorette : la mémoire de tous ceux qui sont tombés, vainqueurs et vaincus, dans une démarche européenne.
  • La mémoire de l’esclavage. Le 10 mai 2015, François Hollande a par ailleurs inauguré le Mémorial Acte, le centre caribéen d’expression et de mémoire de la traite et de l’esclavage, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
  • La mémoire de l’immigration : inauguration du musée de l’immigration que Sarkozy n’a pas voulu inaugurer. François Hollande « Ces immigrés se sont battus « pour la France universelle, pour la France ouverte au monde, capable de promouvoir des idéaux », Cette France, la terre espérée de ceux qui ont fui, au XIXe et aux XXe siècles, les massacres, les pogroms, les guerres, les dictatures, et trouvèrent dans notre pays un refuge pour fonder leur foyer».
  • Centenaire de Verdun : hymne à la jeunesse européenne, très critiqué par tous les conservateurs.

L’engagement citoyen a été favorisé pendant tout le quinquennat avec en particulier le « chantier » présidentiel « la France s’engage », transformé en fondation après son départ de l’Elysée. François Hollande a fait ce choix de l’intérêt général plutôt que de lancer la construction d’un nouvel édifice parisien contrairement à la tradition monarchique de ses prédécesseurs.

 

Paris le 15 février.

Nila MITHA

Florence GINISTY

 

 

UNE FRANCE PLUS JUSTE

 

On oublie souvent que les premières mesures votées sous la présidence de François Hollande sont toutes des mesures

  • De justice sociale dont la retraite à 60 ans pour carrières longues, création des emplois d’avenir (les emplois aidés), Revalorisation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire.
  • De justice fiscale avec le rétablissement de l’ISF modifié par la droite, la création d’une tranche d’imposition à 45 % sur les revenus supérieurs à 150 000 euros et l’imposition des revenus des actions et des obligations aux mêmes taux que les revenus du travail

 

Pour comprendre ce qui a guidé l’action du Président, il suffit de relire son livre « Le rêve Français » ou tout était expliqué sur le pacte éducatif annonciateur de ses actions pour la jeunesse et l’éducation et le pacte redistributif, annonciateur de réformes sociales et fiscales en faveur des moins favorisés.

1) Education et Jeunesse

L’école de la République est une école de l’exigence et de l’ambition qui doit permettre à chaque élève de trouver et de prendre le chemin de sa réussite. Au service de cette refondation, l’éducation nationale est, avec 65 milliards d’euros, redevenue le premier poste budgétaire de l’État, et la création de 60 000 postes couvrant tous les métiers de l’éducation a été engagée sur l’ensemble du quinquennat. Depuis 4 années, la refondation de l’École traduit dans le quotidien des élèves et de l’ensemble de la communauté éducative la priorité présidentielle donnée à l’éducation et à la jeunesse.

Dans le cadre de cette refondation voulue par le Président, on peut noter les progrès réalisés au cours de son quinquennat :

  • Alors que le taux de préscolarisation avait été divisé par trois entre 2001 et 2012, il y a eu progression en 2013, qui s’est confirmée en 2014 et 2015 en éducation prioritaire, selon les objectifs fixés. Le taux global s’élève désormais à 11,7 %. Il atteint même 20,6% en éducation prioritaire.
  • 1 100 classes ont été ouvertes et les moins de 3 ans sont aussi largement accueillis dans les places disponibles de petite section. Plus de 25 000 places supplémentaires ont ainsi été offertes dans les écoles maternelles pour accueillir ces très jeunes élèves, essentiellement dans l’ensemble des réseaux de l’éducation prioritaire, avec une organisation des activités et des rythmes spécifiques, et un projet d’école particulier.
  • Plus 40% pour le programme ERASMUS, la France est le premier pays d’envoi des étudiants avec 40 000 mobilités par an.
  • Plus d’un étudiant sur trois (35%) est désormais boursier et un demi-milliard supplémentaire a été mobilisé pour les bourses étudiantes.
  • Mise en place la Garantie jeunes, pour les jeunes de 16 à moins de 26 ans en situation de grande vulnérabilité sur le marché du travail. Le dispositif généralisé en janvier 2017 donne à ces jeunes la garantie d’une intégration sociale et professionnelle grâce à un parcours intensif et personnalisé de formation et d’accès à l’emploi.
  • Création de l’Aide à la recherche d’un premier emploi. Développement d’une culture de l’engagement dès le plus jeune âge, développement du service civique, label « la France s’engage ». Réforme du permis de conduire pour en faciliter l’accès.
  • Le taux annuel de sortants français sans diplôme a baissé de 3 points entre 2011 et 2015, pour atteindre 13%, le nombre de « décrocheurs est passé de 180 000 à 100 000.

2) L’Egalité par la voie de l’Engagement pour la République

« Dans ce moment difficile, nous avons vu qu’il n’y avait pas de Nation sans la participation des citoyens, sans leur engagement. S’engager, c’est être utile deux fois, pour soi et pour les autres. »

« Ce combat, c’est le vôtre, jeunes de France, quand certains attirent par le sang et la haine et n’offrent comme idéal que celui de mourir au nom d’un dieu trahi. Vous, vous devez préférer la fureur de vivre pour cette Nation, votre Nation, qui vous a vu naître ou que vous avez choisie. »

« La France a besoin de mouvement. Elle a besoin d’actions. Elle a aussi besoin d’engagement « , avait plaidé François Hollande, annonçant la

  • « Généralisation par étape » du service civique universel, « facteur de brassage, d’intégration, d’insertion » : 200 000 jeunes concernés.
  • Parcours citoyen généralisé : Dès l’école primaire et jusqu’en terminale, les élèves suivront un enseignement moral et civique (300 heures sur l’ensemble de la scolarité). Objectif : transmettre aux élèves les valeurs de la République et les moyens de s’accomplir dans le respect des autres.
  • Possibilité dès l’âge de 16 ans de créer et de gérer son association sans autorisation parentale.
  • Création du label « la France s’engage » qui récompense les projets les plus innovants au service de la société et ayant vocation à être pérennisés par une fondation. 93 projets lauréats.
  • Expérimentation en métropole du service militaire volontaire.

 

 3) Mariage pour tous 

Dès le début du quinquennat, la première grande mesure sociétale est votée avec le Mariage pour tous mais on peut regretter que les débats, les manifestations aient duré si longtemps alors que les Français étaient dans l’attente d’actions sur le front de l’emploi, ce qui a laissé durablement dans l’esprit des français que le Président n’avait pas priorisé correctement les défis.

 4) Egalité Femmes Hommes

Elle avait fait l’objet de 40 engagements du candidat et le résultat est indéniablement positif même si en la matière le combat reste encore d’actualité.

  • Doublement du budget alloué aux droits des femmes. C’est sous la Présidence de François Hollande que la France dispose d’un Premier Gouvernement paritaire de l’histoire de France.
  • La Loi du 4 août 2014 « pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » comprend des mesures concrètes, comme la parité totale dans les conseils départementaux 50% de femmes dans les conseils départementaux et avec l’obligation de parité dans les communes de plus de 1 000 habitants 16 000 femmes conseillères municipales en plus depuis 2014
  • Parité dans les fédérations sportives ou les chambres de commerce.
  • Plan d’action pour la mixité des métiers. Obligation de représentation équilibrée aux élections professionnelles. Soutien à l’entrepreneuriat des femmes.
  • Des sanctions financières ont été actées pour non-respect de l’égalité « contre les entreprises ne respectant pas l’égalité salariale ». « Un peu plus d’une centaine ont payé des pénalités depuis janvier 2013 ».
  • Remboursement à 100% de l’IVG revendication depuis 30 ans.
  • Meilleure protection contre les violences (généralisation du « téléphone grand danger », 1500 places d’hébergement).
  • Loi contre le harcèlement sexuel. Loi relative à la lutte contre le système prostitutionnel

 

On peut noter une absence de mesures, contre « la précarité et le temps partiel, subis en majorité par des femmes »

 5) Egalité numérique des territoires

Le Gouvernement a décidé le déploiement du très haut débit (THD) sur l’ensemble du territoire français d’ici à 2022. Depuis fin 2016, 50 % de la population en bénéficie, avec un an d’avance sur le calendrier prévu. Outre l’enjeu économique et social de la nouvelle économie numérique, le THD va aussi désenclaver les territoires éloignés des grandes villes en leur donnant la possibilité de participer de plain-pied aux nouvelles formes de citoyenneté.

6) Mesures de justice sociales

  • Dans un esprit de justice envers ceux qui ont commencé à travailler avant l’âge de 20 ans peuvent désormais prendre leur retraite à 60 ans dès lors qu’ils ont cotisé 166 trimestres ce qui a permis à 650 000 personnes de partir à la retraite à 60 ans grâce au dispositif carrières longues.
  • Revalorisation du minimum vieillesse à plus de 800 € pour plus de 500 000 retraités.
  • Mutuelles pour tous au 01/01/2016
  • 4.000.000 de personnes supplémentaires bénéficient d’une complémentaire de santé payée à 50% par leur employeur

 7) Mesures de Justice fiscale

Lors de la présentation de son programme le candidat avait précisé qu’après l’étape du redressement qui prendrait 2 à 3 ans viendrait le moment du pacte redistributif et c’est en analysant le bilan avec cela à l’esprit que nous pouvons affirmer avec fierté que les principaux engagements ont été tenus et des résultats tangibles obtenus.

Certes des efforts ont été demandés aux Français mais depuis le retour de la croissance, des baisses d’impôts ont été décidées pour les plus défavorisés, Baisse de l’impôt sur le revenu de 6 milliards depuis 2014.

Le pouvoir d’achat a augmenté, comme jamais depuis 10 ans avec un taux de 1,6% en 2015, 1,9% en 2016 grâce aux baisses d’impôts et au renforcement des prestations sociales. Baisse des inégalités comme jamais depuis 1996 : l’ensemble des mesures sociales et fiscales aura renforcé le pouvoir d’achat des 10% les plus modestes en 5 ans.

Le taux de pauvreté a reculé à 13,9 % en 2016, contre 14,2 % l’année précédente, a indiqué l’Insee en Janvier 2017. Les inégalités de revenus ont aussi légèrement baissé, grâce à la hausse du RSA et à la création de la prime d’activité.

Le taux de pauvreté a reculé en 2016, selon une première estimation par l’Insee. En 2016, 13,9% des Français vivaient dans un ménage dont le niveau de vie se situait sous le seuil de pauvreté, contre 14,2% en 2015. Le seuil de pauvreté représente 60% du niveau de vie médian, c’est-à-dire celui qui partage la population en deux parts égales, la moitié vivant avec plus, l’autre avec moins. Il se situe aux alentours de 1.000 euros par mois pour une personne seule.

Le taux de pauvreté en 2016 serait ainsi inférieur de 0,7 point à son point haut de 2011. L’écart qui mesure les différences de revenus entre les 10 % les plus pauvres et les 10% les plus riches a diminué en 2016

Les bénéficiaires de la prime d’activité et du volet « activité » du revenu de solidarité active (RSA), c’est-à-dire les travailleurs aux revenus modestes, les actifs à la tête d’une famille monoparentale et les jeunes actifs de 18 à 24 ans, auraient notamment vu leur taux de pauvreté reculer en 2016.

 

UNE FRANCE D’AVENIR, MODERNISATION DU PAYS

 

 

MODERNISATION DE L’ECONOMIE

François Hollande n’a pas seulement eu pour but de redresser l’économie du pays mais aussi de la moderniser.

  1. Création de la French Tech fin 2013, avec les labellisations en région

La French Tech, lancée le 27 novembre 2013 vise à promouvoir à l’international les start-up françaises et soutenir leur croissance.

François Hollande a su dynamiser un écosystème entrepreneurial français quasi inexistant, dans des structures officielles, à l’international. De nombreuses initiatives ont été lancées ces cinq dernières années pour faire rayonner « la France qui entreprend » dans le monde entier.

  • LeFrench Tech Hub, inaugurée en 2014 par François Hollande lui-même, est un « écosystème entrepreneurial » structuré pour accélérer le développement des start-up françaises souhaitant s’implanter et renforcer leur attractivité aux Etats- Unis.
  • Un réseau de hubs à l’international dans plus de 12 pays : à Abidjan, Barcelone, Moscou, Londres ou encore Séoul…
  • Bpifrance propose un accompagnement financier très important.
  • Business France, lancé par l’Etat en 2015 pour accélérer le développement et la réussite internationale des entreprises françaises.

François Hollande aura par ailleurs accompagné personnellement cette initiative dans ses multiples déplacements à l’étranger notamment aux USA et en Amérique latine.

Il faut noter également l’adoption de mesures totalement nouvelles concernant le financement participatif (crowdfunding)  pour  que ce dispositif devienne en France « aussi incitatif qu’aux Etats-Unis :

En 2016, « quelque 2,2 milliards d’euros ont été levés par des start-up dans l’Hexagone », un « nouveau record« selon le baromètre EY publié mercredi 8 février 2017 et cité par le magazine  Challenges qui précise que si la France demeure un « Petit Poucet face aux Etats-Unis et la Chine, elle passe au 2e rang européen en terme de levées de fonds, devant l’Allemagne ».

 

2) « Le choc de simplification » et modernisation de l’action publique

Dès le début de son mandat François Hollande a eu la volonté de moderniser et de simplifier l’action publique vis à vis des entreprises et des citoyens.

Il a fait preuve de pragmatisme en confiant cette mission conjointement à un ministre politique Thierry Mandon et à un chef d’entreprise Guillaume Poitrinal.

Différentes vagues de simplification sont intervenues tout au long du quinquennat :

  • 120 mesures censées simplifier la relation entre les citoyens et l’administration a été présenté ont été présentées le 17 juillet 2013.
  • La loi de simplification de la vie des entreprises a été définitivement adoptée le 20 décembre 2014
  • Le 1er juin 2015, le secrétaire d’État à la réforme de l’État et à la simplification, Thierry Mandon, a annoncé un nouveau train de mesures
  • Le 26 octobre 2016, le secrétaire d’Etat chargé de la réforme de l’Etat, Jean-Vincent Placé, a présenté 30 mesures de simplification à destination des particuliers

Ces réformes auraient généré 7 milliards d’économie.

En matière fiscale, le prélèvement à la source « véritable serpent de mer français » a été institué.

 

3) Loi El Khomri

Cette loi a été très décriée par une partie de la gauche, pourtant elle correspondait à une volonté de François Hollande d’instaurer un vrai dialogue social au plus près de l’entreprise, par la volonté d’aboutir à une cogestion avec les syndicats réformistes en s’appuyant sur la CFDT.

François Hollande n’a pas cédé devant les oppositions très fortes et justifiait ainsi son utilité « Ce texte assure de meilleures performances pour les entreprises et offre des droits nouveaux aux salariés. C’est parce que c’est une loi de progrès utile à notre pays que je considère qu’il est nécessaire de le mener jusqu’à son terme »

Cette loi avait également pour but d’assouplir les règles du droit du travail tout en accordant de nouveaux droits aux salariés (le compte personnel d’activité, la généralisation de la garantie jeune …)

Notamment :

  • La durée maximale de travail hebdomadaire reste fixée à 48 heures sur la semaine et à 44 heures en moyenne sur 12 semaines. Il est désormais possible de déroger à cette règle des 44 heures dans la limite de 46 heures par accord d’entreprise ou d’établissement (et non uniquement par accord de branche).
  • Possibilité pour les entreprises de signer des « accords de maintien dans l’emploi ».

On peut reprocher à François Hollande le mauvais timing de cette loi, en fin de mandat et sa présentation chaotique qui a donné le sentiment d’une absence de concertation.

Mais en définitive il aura eu l’audace de réformer le code du travail en l’adaptant aux nouvelles nécessités économiques tout en permettant la création de nouveaux droits.

 

4) La loi sur la transparence, la lutte contre la corruption, et la modernisation de la vie économique, dite Sapin II

Le volet modernisation de cette loi très dense vise à permettre notamment un financement plus diversifié de l’économie tout en assurant la protection des investisseurs, avec notamment :

  • Mobiliser davantage l’épargne des Français vers le financement d’entreprises sociales et solidaires
  • Adapter les niveaux de qualification exigée pour faciliter l’accès à certaines activités indépendantes

 

MODERNISATION DE LA JUSTICE

La loi de modernisation de la justice du XXIe siècle a été promulguée le 18 novembre 2016. Elle est le fruit d’un long travail de réflexion et de concertation.

La loi a pour ambition d’améliorer pour tous la justice du quotidien en la rendant plus proche, plus simple et plus efficace, notamment par la généralisation du service d’accueil unique du justiciable.

Le texte intègre aussi des dispositions permettant des actions de groupe en matière de lutte contre les discriminations.

La loi opère une refonte totale du droit des contrats.

Par ailleurs le budget de la justice a augmenté sensiblement pour atteindre plus de 8 Milliards, avec la création de 600 postes de magistrats.

En revanche malgré son obstination et faute de majorité qualifiée pour réviser la constitution, François Hollande n’a pas pu supprimer la Cour de Justice et réformer le conseil supérieur de la magistrature.

 

ECOLOGIE

Sur ce sujet et comme tous ceux abordés durant le quinquennat il y aura eu « ceux qui trouvent qu’on va trop loin, ceux qui trouvent qu’on ne va pas assez loin qui nous perdent et se perdent « (François Hollande 20 Janvier 2017 à l’Elysée, rencontre avec D 12).

Pourtant dans ce domaine aussi François Hollande a tenu ses engagements, a agi et réformé avec courage, et les mesures en faveur de l’écologie sont un marqueur du quinquennat.

Il a fait évoluer le pays sur la question de l’écologie grâce à une politique volontariste :

  • Loi sur transition énergétique.
  • Décision courageuse de faire la Cop 21 en France alors qu’il n’y avait que des coups à prendre
  • Grâce à la Cop 21, il y a eu une mobilisation de toute la France sur ce sujet : entreprises, associations, établissements scolaires…

 

1) Loi sur la transition énergétique :

Selon Sia Partners dans la continuité du Grenelle de l’environnement, la loi de transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015 est la loi phare du quinquennat. Cette loi pave le chemin de la transition énergétique en fixant des objectifs ambitieux et une gouvernance.

Hormis le Front de Gauche, qui s’est abstenu, tous les groupes de gauche de l’Assemblée ont voté pour ce texte présenté comme « l’un des plus importants du quinquennat » par le Président de la République.

Le texte entérine notamment :

  • La réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 et une division par quatre en 2050
  • La diminution de moitié de la consommation énergétique finale en 2050, avec un premier palier de 20 % en 2030

La baisse de la part des fossiles de 30 % à la même échéance

  • La promotion des renouvelables pour atteindre 32 % de la consommation d’énergie et 40 % de la production d’électricité à la même date.
  • La rénovation thermique des bâtiments
  • Le développement des transports « propres » pour l’Etat et les établissements publics, pour les taxis et les loueurs de voitures, à hauteur de 10% de leur parc
  • Le concept de « territoires à énergie positive »,

La loi sur la transition énergétique prévoit aussi un plafonnement de la puissance totale du parc électronucléaire à son niveau actuel. Avec l’ouverture prévue en 2018 de l’EPR de Flamanville, c’est la centrale de Fessenheim qui devra fermer (c’était aussi une promesse de François Hollande). Un décret a été pris en 2016 pour abroger son autorisation.

 

2) La Cop21

« C’est un moment d’Histoire. Jamais auparavant un aussi grand nombre de pays n’avait signé un accord international en une seule journée », a déclaré le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU à New York.

Cet accord n’a été possible que parce que ses acteurs principaux François Hollande, Ségolène Royal, Laurent Fabius ont été capables de mobiliser tous les rouages de la société : entreprises, société civile, Etats, institutions internationales.

Le rôle de François Hollande aura été déterminant, grâce à sa diplomatie patiente et fine, en s’appuyant tout à la fois sur des grands pays pollueurs comme la Chine, et sur des petits pays menacés (comme les Philippines, appel de Manille), sur l’Europe et sur le rôle très important de l’Amérique Latine (visite à Cuba, relations avec le Vatican …).

Cet accord inespéré dans un contexte terroriste particulièrement lourd, a démontré la force diplomatique de la France durant le mandat de François Hollande (la France était donc bien là pendant 5ans …) et s’est révélé primordial à tel point que l’actuel gouvernement en a fait un mantra avec le « make our planet great again ».

 

3) La loi sur la biodiversité et l’agro écologie

a) Entre état d’urgence et loi travail, la loi sur la biodiversité a finalement réussi à être votée le 20 juillet 2016 par la totalité de la gauche.

Cette loi présente des avancées importantes notamment :

–  l’interdiction des néocotinoides à partir du 1 Janvier 2018.

–  Création de l’agence française pour la bio diversité

 

b) Développement de l’agro écologie, de l’agriculture écologique

François Hollande a souhaité développer l’agriculture biologique, conformément là encore à ses engagements de campagne. C’est ainsi qu’il indiquait lors d’une visite à Rungis en Mai 2016 : « Nous devons démocratiser le bio. Le bio, ce n’est pas que pour les bobos ».

La loi d’avenir du 13 octobre 2014 permet la mise en œuvre concrète de l’agroécologie dans l’objectif d’une performance à la fois économique, environnementale et sociale des exploitations agricoles. L’« agroécologie » est ainsi devenue un objectif pour l’agriculture française. L’une des mesures phare de la loi, les groupements d’intérêts économiques et environnementaux (GIEE), commence à être mise en place.

En 2014, la France est devenue la 3e surface agricole bio d’Europe.

 

 

INSTITUTIONS

 1) Réforme territoriale : la loi NOTRE (nouvelle organisation territoriale de la République) du 7 Aout 2015

Il s’agissait d’une promesse de campagne de François Hollande. Par ailleurs cette recomposition des régions avaient fait l’objet de différents projets toujours avortés faute de décision.

Sur ce sujet là encore et contrairement aux poncifs le concernant, François Hollande a tranché, ce qui bien évidemment a entrainé énormément de critiques sur le résultat de la décision.

Il s’agissait de disposer de régions de taille européenne, dotées de nouvelles compétences en matière de développement économique et d’aménagement du territoire.

François Hollande : Tribune le Parisien 2 Juin 2014 « Les régions, quant à elles, se sont imposées comme des acteurs majeurs de l’aménagement du territoire. Mais elles sont à l’étroit dans des espaces qui sont hérités de découpages administratifs remontant au milieu des années soixante. . Leurs ressources ne correspondent plus à leurs compétences. Demain, ces grandes régions auront davantage de responsabilités. Elles seront la seule collectivité compétente pour soutenir les entreprises et porter les politiques de formation et d’emploi, pour intervenir en matière de transports, des trains régionaux aux bus en passant par les routes, les aéroports et les ports. Elles géreront les lycées et les collèges. Elles auront en charge l’aménagement et les grandes infrastructures.

Dans ce nouveau contexte, le conseil général devra à terme disparaître. La création de grandes régions, et le renforcement des intercommunalités absorberont une large part de ses attributions. Mais cette décision doit être mise en œuvre de façon progressive car le conseil général joue un rôle essentiel dans la solidarité de proximité et la gestion des prestations aux personnes les plus fragiles »

  • Le texte supprime la clause générale de compétence pour les départements et les régions.
  • La loi renforce le rôle de la région en matière de développement économique. La région aura également la charge de l’aménagement durable du territoire, et les compétences en matière de transport jusque-là dévolues au département
  • Le département reste responsable des compétences de solidarité.

Il apparait ainsi que la région devient l’échelon pertinent de l’action publique, le département ayant vocation à disparaitre à terme notamment là où existent des métropoles.

Globalement les grandes régions créées reposent sur une logique territoriale cohérente, c’est le cas notamment de l’Occitanie, la Bretagne, la Normandie, la Nouvelle Aquitaine, la Corse.

On peut regretter en revanche que la Charte Européenne sur les langues minoritaires, n’ait toujours pas pu être ratifiée, en raison encore une fois de l’opposition de la droite à la révision constitutionnelle nécessaire. Cet outil européen aurait peut-être pu permettre de trouver des solutions concernant les revendications linguistiques en Corse.

2) Non cumul des mandats

Il s’agissait d’une promesse de campagne tenue par François Hollande.

Le 14 février 2014, la loi interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou sénateur est définitivement adoptée par l’Assemblée. Elle ne sera cependant applicable que le 31 mars 2017.

 

EXERCICE DU POUVOIR

François Hollande est certainement l’homme politique français qui a été tout à la fois le plus intègre, le plus démocrate et le moins populiste de la V république.

Ce sont ses convictions et son éthique personnelle qui ont permis une pratique du pouvoir non monarchique, un respect de la séparation des pouvoirs et des réformes dans le domaine de la transparence.

1) transparence et lutte contre la corruption

Des progrès très importants ont été accomplis sur le terrain de la transparence et de la lutte contre la corruption pendant le mandat de François Hollande pour tendre vers les critères en vigueur dans les pays d’Europe du Nord les mieux classés dans le monde. Dans ce domaine la France présentaient de très graves faiblesses.

Transparency France dresse un bilan globalement positif des actions menées sous le quinquennat en matière de transparence de la vie publique et de lutte contre la corruption.

L’association se félicite des avancées obtenues sur plusieurs sujets importants, tels que :

  • La prévention des conflits d’intérêts.
  • La lutte contre la délinquance économique et la protection des lanceurs d’alerte grâce à la loi Sapin 2.
  • La création d’une nouvelle autorité de contrôle : la HATVP.
  • La transparence de l’usage des fonds publics.
  • La création du Parquet National financier, et l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.
  • Sur l’indépendance de l’organisme chargé de traiter les alertes, le Défenseur des Droits (DDD), autorité indépendante, joue un rôle clé dans la mise en œuvre du dispositif de protection.
  • Sur la participation des citoyens à la lutte contre la corruption. D’une part, les électeurs pourront adresser à la Haute Autorité pour la transparence toute observation relative aux déclarations de patrimoine et aux déclarations d’intérêts auxquelles ils ont accès. D’autre part, les associations anti-corruption agréées pourront saisir la HAT en cas de manquement.

Transparency regrette en revanche que l’indépendance de la justice n’ait pas pu aboutir complètement à cause de l’impossibilité de réviser la constitution sur la question du CSM.

 

2) respect de la séparation des pouvoirs

François Hollande a rompu totalement avec les pratiques précédentes

a) Liberté totale de la presse

 

  • Malgré des médias qui auront pratiqué un bashing permanent et des journaux people qui auront violé sa vie privée à plusieurs reprises, François Hollande n’a :
    • Jamais poursuivi aucun journaux (cf. ce qu’il disait dans sa conférence de presse en 2014 en répondant au sujet des photos dans Closer : « je n’attaque pas car je suis inattaquable à cause de l’immunité attachée au statut du chef de l’’Etat »)
    • Jamais demandé à un hebdomadaire de retirer des photos souvent particulièrement dévalorisantes.
  • Pour l’anecdote cette attitude de François Hollande a même été saluée par Yan Barthés dans l’émission le Quotidien qui a précisé n’avoir jamais reçu 1 coup de fil de l’Elysée…

 b) La réforme de l’audio-visuel public

Depuis la loi du 15 novembre 2013, le Président ne nomme plus les dirigeants des sociétés de l’audiovisuel public. L’indépendance du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), dont la composition a aussi été réformée, est à nouveau garantie.

Pour combien de temps encore…

c) Respect de l’indépendance des magistrats et de la justice

En Juillet 2013, le Parlement a définitivement adopté un projet de loi qui interdit les instructions individuelles du garde des sceaux.

Il s’agissait d’une avancée importante dans l’indépendance de la justice qui reste toutefois problématique encore en France.

En effet François Hollande n’a pas pu aller jusqu’au bout de la révision constitutionnelle concernant le CSM et la Cour de justice de la République.

 

REDRESSEMENT DANS LA JUSTICE ET POURTANT UN PRESIDENT « MAL AIME »

 

Malgré l’état dans lequel se situait la France laissée par le Président Nicolas Sarkozy : déficits publics, crise européenne, le Président François Hollande a réussi sans qu’il soit besoin de faire subir l’austérité à notre pays.

Notre modèle social a été préservé -la sécurité sociale est à l’équilibre et les retraites sont financées- mais aussi étendu avec le rétablissement du droit à la retraite pour les carrières longues, la prise en compte de la pénibilité et un meilleur accès à la formation professionnelle pour tous, la généralisation du tiers-payant et de la complémentaire santé, la revalorisation des minima sociaux, la création de la garantie jeunes…

Depuis 2016 on constate que la majeure partie des indicateurs économiques de la France sont au vert :

  • Les comptes publics redressés, le déficit réduit de 5% en 2012 à 3,2 %
  • La France a retrouvé le chemin de la croissance, la courbe du chômage s’est inversée
  • La création d’emplois au plus haut depuis 2011
  • La compétitivité des entreprises restaurée, l’attractivité de la France retrouvée ….
  • Une voix forte à l’international, reconnue à travers la lutte contre le terrorisme, le succès de la COP 21 avec 190 pays signataires ….

 

Et oui ça va mieux et comme l’a dit le Président François Hollande le 14 Mai 2017 ; « je laisse un pays dans un état bien meilleur que celui que j’ai trouvé » en rajoutant à l’adresse de ceux qui pensent qu’il a trahi la gauche : « Ce sont toujours des socialistes qui ont fait en sorte que le pays reprenne espoir lorsqu’il doutait ». C’est toujours à la gauche qu’il appartient de faire avancer le progrès social et de permettre le redressement économique »

 

Alors pourquoi ? On peut aborder les causes sous 2 angles celui de la méthode et celui de la politique mais les conclusions restent identiques : nous avons eu un Grand Président qui aura profondément transformé la France.

 

LA METHODE

Une France plus forte, plus juste et mieux préparée pour l’avenir et pourtant le Président Hollande a dû renoncer à un nouveau mandat car mal compris par les Français !

Comme le disait son slogan de campagne « le changement c’est maintenant », il l’a dit il l’a fait mais ne l’a pas fait savoir et n’a pas été relayé par le parti socialiste.

La démonstration en a été faite car pour les français aujourd’hui : réduction de la dette, des déficits, compétitivité des entreprises, flexibilité ne sont plus des gros mots et en cela et en bien plus que cela il a transformé le logiciel des Français.

Le Président a fait confiance jusqu’au bout en l’intelligence collective des Français. C’est cette conviction qui lui a permis de faire en sorte que pendant la période grave des attentats la France reste unie mais c’est cette même croyance dans l’intelligence collective de son camp qui s’est transformée au fil du temps en faiblesse pour briguer un second quinquennat.

Si on observe ce quinquennat d’un point de vue de la méthode de la conduite du changement, on comprend ce qui a manqué pour que le mandat du président soit considéré comme un succès.

En effet reprenons quelques étapes clés de la conduite du changement et mettons-en parallèle ce qui aurait dû être fait :

  • Créer l’urgence, dramatiser la situation, créer un contexte : nous n’avons pas expliqué le bilan de Nicolas Sarkozy et mis en avant l’état de faillite dans lequel il avait laissé la France : déficit, dettes, chômage, pessimisme, image de la France dégradée à l’international. Certes c’est à l’honneur du président Hollande de ne pas avoir voulu dramatiser la situation dans le contexte de crise européenne, pour ne pas aggraver la situation mais à aucun moment durant son quinquennat et en particulier au cours de la période du « ras le bol fiscal » cela n’a été clairement communiqué ni rappelé régulièrement. Pourtant ce contexte le candidat Hollande l’avait bien décrit lors de son meeting du Bourget et ce passage a été complétement occulté, par les socialistes.

 

  • Former une coalition puissante : le Président aurait pu clairement indiquer au Parti socialiste ce qu’il attendait de lui en tant que parti de gouvernement dans une France dont la situation économique devait être redressée. Et pourtant il avait bien théorisé la situation du PS dans son livre. Il aurait certainement dû dès le début s’entourer de ses fidèles compagnons de route, de ceux venant de la société civile et autres qui avaient contribué à sa victoire.

 

  • Créer une vision de l’état futur : Le Président a essayé mais en se fixant un objectif trop ambitieux sur le chômage, il aurait pu être à la fois précis et vague et surtout mieux expliquer sa vision à moyen et long terme et replacer son action en permanence à l’aune de ce slogan de sa campagne : Une France forte entendue, grâce au redressement économique, l’Egalité, la Justice ….

 

  • Maintenir le Momentum : A chaque fois que le Président s’est exprimé sur quelques grands thèmes ( Emploi, Déficit, CICE , Loi sur la Transparence , Nationalité …) il a eu l’approbation des français en premier lieu mais ils se sont vite retournés contre lui car le Momentum n’a jamais été maintenu auprès des Français faute d’une communication menée par l’équipe de la Présidence et également en raison d’une très faible solidarité d’un certain nombres de ministres qui allaient se répandre de médias en médias en émettant des réserves contre les propositions du Président.

 

  • Utiliser une communication dynamique orientée vers l’action en rappelant la situation d’urgence et la nécessité de changer. Nombreuses mesures, en particulier sociales ont été prises tout au long de son quinquennat mais elles n’ont jamais été mises en avant ni mises en perspective. Encore une fois on peut dire que le parti du Président n’a pas fait le « service après-vente » de toutes les mesures votées au fil du quinquennat et en lieu et place a laissé fleurir les frondeurs. Au regard de ce qui se passe actuellement nous ne pouvons que regretter la faiblesse de la cellule de communication de l’Elysée.

 

UN EXERCICE NON MONARCHIQUE ET NON POPULISTE DU POUVOIR : LE VRAI NOUVEAU MONDE MAIS TROP EN AVANCE DANS UNE FRANCE TOUJOURS EN BESOIN D’UN ROI 

 

Pendant tout son mandat François Hollande a manifesté la volonté de ne pas exercer le pouvoir d’une façon monarchique, d’être un Président républicain et non pas un monarque républicain rompant ainsi avec la pratique de la plupart de ses prédécesseurs.

François Hollande a voulu faire avancer la France vers les standards nord européens, ceux d’une démocratie enfin aboutie et moderne.

Il a voulu moderniser la fonction présidentielle :

  • Réduction de son salaire, de ceux des ministres, du budget de l’Elysée
  • Pas de statut de première dame.
  • Simplicité de l’exercice du pouvoir : Il n’a jamais eu recours à l’usage du bouc émissaire pour justifier sa politique contrairement à ses prédécesseurs :
  • Peu de critiques sur le mandat précédent et la situation économique laissée,
  • Jamais de mise en cause de l’Europe en tant que telle pour expliquer les difficultés du pays,
  • Jamais de mise en cause des émigrés, des réfugiés, de l’islam en tant que tels, seulement des islamistes.
  • Pas de phrases blessantes à l’égard de catégories particulières de français

Le journal Libération a convenu que François Hollande avait peu fait la rubrique des « décodeurs » et des fakes « Hollande se fait rare du côté de Désintox » Libé du 2 Septembre 2016.

On peut être d’accord avec François Hollande lorsque répondant à une interview de Franz Olivier Giesbert avant de quitter l’Elysée, il disait « je voudrais qu’on retienne de moi que j’ai été honnête, un honnête homme, un honnête Président

Et pourtant il a été confronté à une série de poncifs qui ont accompagné tout son mandat. Là où ils ont atteint en quelque sorte leur apogée c’est dans le domaine de l’exercice du pouvoir.

Or François Hollande en se contentant d’utiliser l’expression maladroite de Président normal n’a jamais expliqué quelle était sa conception du pouvoir, quels étaient ses choix et ses références en la matière.

Les expressions creuses et éculées sur « il n’a pas endossé le costume » « il n’incarne pas la fonction « ont été ressassées par ceux-là même qui sont les zélateurs de l’exercice monarchique du pouvoir.

L’exercice du pouvoir par François Hollande était moderne et très démocratique, voire iconoclaste mais il n’a su ni l’expliquer ni l’imposer et les commentateurs politiques lui ont opposé une vision très « ancien monde  » de la France.

Or avec le recul on peut considérer que :

  • ll fallait affronter les médias et déconstruire les poncifs.
  • Il fallait défendre les images de l’île de Sein.
  • Il fallait défendre la solution ferme et humaine dans l’affaire Léonarda et ne pas s’enfermer dans le piège de l’obscénité des images de BFM TV et des médias qui sont venus mettre en accusation François Hollande au lieu de pointer du doigt l’imposture de la famille Rom.
  • Il fallait défendre le livre de Davet et Lhomme au lieu de laisser se déchaîner les critiques du « microcosme » suivies aveuglément par le PS et instrumentalisées par tous ceux qui voulaient l’empêcher de se représenter. C’est Rama Yade qui avait eu dès la sortie du livre l’approche la plus réaliste en Tweetant : « Ces chochottes du PS, bouleversés par un livre révélant un Hollande, plus intéressant qu’il ne l’a été jusqu’à présent »

François Hollande aura été piégé par sa communication ou par son absence de communication et par le contexte nouveau créé par les chaines d’information continues.

Pour répondre à cela il fallait une équipe de communicants de choc qui, n’hésitent pas à affronter les médias, des proches qui jouent les snippers et l’usage de punchlines.

Or tel n’a pas été le cas.

Pourtant François Hollande était entouré de jeunes communicants qui ont été timorés et prisonniers des poncifs médiatiques parisiens. C’est par ailleurs une critique en filigrane dans le livre de Vincent Feltesse :

  • p258 : François Hollande a bâti sa carrière dans la France profonde et n’a été entouré que de parisiens
  • p 262 : François Hollande continuait à avoir une image de politicien alors qu’il faisait peu de politique politicienne, il a pris des décisions contre ses intérêts personnels.

Peut-être François Hollande donne-t-il un début d’explication dans le livre de Davet p 651 « l’air  du temps est à la transgression, l’extravagance, par définition l’homme raisonnable n’est pas charismatique ; on pense que la transgression c’est le charisme ; or non le vrai charisme il est dans le courage, l’obstination, le courage c’est la vraie vertu »

En définitive ce Président était en avance sur son temps, il aura été courageux mais n’aura pas été compris des français.

Il se sera finalement libéré du PS qui ne le soutenait plus et aura préféré son pays à son parti.

Il aura permis à la France de redevenir un pays fort et moderne. Les résultats de sa politique permettent à son successeur notamment sur le plan international de jouer le rôle que d’autres pays ne jouent plus momentanément.

François Hollande a mis la France sur les rails lui permettant de faire face aux bouleversements du 21 siècle.

 

 

 

 

Finalement on pourra retenir de la Présidence de François Hollande 2 citations, l’une du Président donnant la vision de son rôle en janvier 2012 et l’autre d’un journaliste sur les fruits de son action en janvier 2018 :

 « Présider la République enfin, c’est donner le meilleur de soi-même, sans jamais attendre en retour récompense ni même reconnaissance. C’est être ambitieux pour son pays et humble pour soi-même. C’est se donner pleinement, entièrement à la cause que l’on a choisie, la seule cause qui vaille : servir la France. » François Hollande le Bourget le 22/01/2012.

 « Macron gagne du temps grâce à Hollande » Jean Christophe Catalon dans un article de la Tribune du 17/01/2018.

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *