Le 16 janvier dernier les membres du Club D12 (ex-Démocratie 2012) ont organisé leur apéritif amical Chez Françoise autour de leur président Jean-Marie Cambacérès pour fêter la nouvelle année 2019.

Plus de monde que l’année dernière, une bonne équipe de jeunes, des présents de Paris et de la région parisienne bien sûr, mais aussi des responsables de province : Occitanie, Corse, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Hauts de France, Auvergne-Rhône-Alpes ou encore Grand-Est.

Après avoir remercié toutes et tous de leur présence ainsi que les animateurs bénévoles du Club notamment Christian Tardivon qui avait préparé cette soirée, Jean-Marie Cambacérès a rappelé les actions du Club D12 en 2018 notamment les Rencontre d’été en juillet qui avait déjà vu un regain de présence par rapport à 2017 et un dîner-débat avec Bernard Cazeneuve où nous avions été obligé de refuser du monde.

Il fit ensuite quelques brefs commentaires sur : la situation économique et politique en France, sur les Gilets Jaunes, sur le débat National et sur les élections Européennes.

–          La situation économique et politique.

Vingt mois après l’élection d’Emmanuel macron, elle est très préoccupante : croissance en baisse, chômage et inégalités en hausse, déficits en hausse, dette en hausse… Jamais la société française n’a été aussi fracturée. Tout n’était pas parfait du temps de François Hollande mais avec ce qui se passe maintenant, on se rend compte que ce n’était pas si mal.

Le Pouvoir a négligé et méprisé pendant 20 mois, les partis politiques, le Parlement, les syndicats et les corps intermédiaires et s’est retrouvé seul quand a éclaté le mouvement des Gilets Jaunes.

–          Les Gilets jaunes.

Ce mouvement a commencé par la contestation des nouvelles taxes sur les carburants puis a étendu ses revendications  au pouvoir d’achat (hausse du SMIC), à la justice fiscale (rétablissement de l’ISF) et à une plus grande participation du peuple aux décisions (RIC). Nous avons condamné les violences de part et d’autre. Le Pouvoir a laissé trainé puis a été incapable d’arrêter ce mouvement malgré des mesures et une grande dureté de la police face aux manifestants avec des centaines de blessés et maintenant, il essaie de calmer tout ça par le débat National (dit Grand).

–          Le Débat National dit Grand.

Il est biaisé : décidé par le Gouvernement, piloté par deux ministres après le forfait de la CNDP, avec des référents par préfecture et sur des thèmes prévus à l’avance. Le Président de la République s’en sert pour faire une tournée électorale des maires. Dans sa Lettre aux Français le PR dit que tout pourra être débattu mais en même temps il dit qu’il a été élu pour un programme et qu’il l’appliquera. C’est ,nous pensons, le contresens originel qui explique le rejet des Français de la politique menée, en effet Emmanuel Macron n’a pas été élu pour son programme mais pour faire barrage à Marine Le Pen.

Malgré cela, nous  participerons à ce Débat pour celles et ceux de nos membres qui le veulent car nous avons des idées qui avaient été consignées dans notre livret « Pour un Nouvel Elan », et nous les feront connaître. Dans la trentaine de questions soumises au débat, beaucoup sont biaisées ( du style : si vous voulez des baisses d’impôts, il faut nous dire quels services publics vous voulez supprimer) ou induisent la réponse souhaitée, d’autres enfin sur : le Sénat, le CESE, les élus, les départements, l’immigration, les retraites, la sécurité sociale, la loi de 1905… sont des provocations et peuvent se révéler dangereuses pour le pacte social, la démocratie et la République. Par contre il n’y a rien de prévu, ou très peu, dans ce débat sur : la justice fiscale (ISF), la justice sociale, les femmes , les jeunes, la culture, les services publics en milieu rural, une réelle décentralisation, l’éducation… C’est aux participants de forcer le Pouvoir à prendre en compte ces thèmes, refusés au début. 70% des Français par exemple souhaitent le rétablissement de l’ISF (nous, nous proposons la création d’un ISF-vert).

Paradoxalement, il est à craindre que le Pouvoir se servent de ce débat pour prendre des mesures encore plus dures qu’au cours des 20 mois passés en s’appuyant sur des réponses dont on aura détourné le sens.

–          Les élections Européennes.

En Marche est mal en point, mais espère se refaire une santé avec les élections européennes. En effet le PS est très affaibli notamment par le ralliement de plusieurs anciens ténors à Macron. Ce dernier veut faire de même avec LR en ralliant à sa cause Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, pour se retrouver seul face aux extrêmes et notamment au Mouvement National, qu’il contribue ainsi à faire monter. Cette volonté peut lui réussir à court terme pour cette élection mais est extrêmement dangereuse pour la démocratie et pour la France. On le voit bien en ce moment. Emmanuel Macron dirige la France avec un socle politique très minoritaire (autour de 20 à 25%). Et les citoyennes et les citoyens n’ayant plus de possibilité de débat démocratique ni aucune perspective d’alternance, seront obligés à chaque problème de s’exprimer par des grèves ou dans la rue. La fin du quinquennat risque d’être très chaotique . L’espace politique existe entre LFI et EM, mais il n’est pas incarné ni clair politiquement.

             Le Club D12 avancera des idées, libres aux uns et aux autres de les reprendre ou non, mais s’agissant d’une élection à laproportionnelle à un tour et compte tenu de la diversité des sensibilités dans nos rangs, nous ne donnerons pas de consigne de vote.

Jean-Marie Cambacérès termina son intervention en donnant quelques pistes de travail au Club D12 pour les mois à venir. Nila Mitha a écrit un texte sur la participation citoyenne qui va être une des questions du Débat. Paul Melun en a écrit un autre sur l’Europe. Le Bureau les a discuté une première fois et nous allons les mettre sur le site pour qu’ils soient soumis à la discussion de tous, puis nous ferons un nouveau Bureau mi-février pour les adopter définitivement. Florence Ginisty préparera un colloque sur la Convivencia à Toulouse ou à Paris si possible avant les élections Européennes. Nous continuerons ensuite nos discussions pour toiletter notre fascicule « Pour un Nouvel Elan » et adopterons le nouveau texte lors de nos prochaines rencontres d’été en juillet.

Il conclue son propos en souhaitant à toutes et à tous une bonne année 2019.

Très applaudi, Jean-Marie Cambacérès proposa à toutes et à tous de continuer les discussions autour du verre de l’amitié.

Beaucoup de questions furent discutées en allant de groupe en groupe : la nécessité d’une politique d’éducation nationale plus juste, l’erreur politique du PS d’avoir signé une motion de censure avec Mélenchon, l’erreur du PS de parler maintenant du bilan de François Hollande, la perte d’influence de la France en Europe après avoir laissé filé le déficit du budget, l’impossibilité qu’il y aura de financer la suppression totale de la taxe d’habitation et le Service National Obligatoire (deux promesses de campagne d’Emmanuel Macron)… Le Groupe Jeunes s’est d’ailleurs proposé de réfléchir à ce que pourrait être une politique globale pour la Jeunesse.

Tout cela augure bien de l’utilité et de l’intérêt de continuité l’animation du Club D12.

Webmaster le 18 février.

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