Démocratie 2012 a repris ses dîners-débats, le dernier en date a eu lieu le 11 septembre dans une nouvelle salle dans le restaurant « Chez Françoise », près de l’Assemblée Nationale. A l’ordre du jour la présentation par Dominique Villemot, président d’honneur de D12, de son livre « La Gauche qui gouverne » aux Editions Privat.

Il y avait foule , pas une place de libre. Le secrétaire national Christian Tardivon avait du refuser du monde. Toutes et tous étaient là pour assurer François Hollande de leur amitié et de leur soutien après cette « semaine de la poisse ».

Jean-Marie Cambacérès, président de Démocratie 2012, a tout d’abord remercié tous les présents, notamment Bernard Poignant et Dominique Villemot ainsi que les représentants des média. Il a ensuite remercié Christian Tardivon et Savannah Macé pour l’organisation de cette soirée.

Ensuite, en introduction, il a détendu l’atmosphère en disant « ce qu’il n’était pas » , prenant en contre-exemples quelques malheureux exemples de la semaine. Il précisa aussi qu’il n’appartenait ni à une « tchéka hollandienne », ni à un « club social-libéral » et pour ne pas employer des mots en « isme », qui trop souvent structurent le débat politique d’une manière abstraite pour les Français, il s’est défini comme « Voltairien tendance Deng Xiaoping », ce qui a laissé et laisse encore du grain à moudre à tous pour trouver le « pourquoi de cette auto-définition ». Il a aussi fait rire l’assemblée en disant : « Il y a un livre dont on parle beaucoup cette semaine ». Tout le monde retient son souffle. « C’est « La Gauche qui gouverne », et nous avons la chance d’avoir son auteur ce soir avec nous : Dominique Villemot ». Tout le monde éclate de rire.

Plus sérieusement, Jean-Marie Cambacérès s’indigna que beaucoup de ceux qui avaient eu l’honneur de servir la République grâce à François Hollande (comme conseillers, ministres ou autres) soient les premiers à le critiquer maintenant. Il regretta aussi que quelques députés socialistes fassent le « buzz » sans arrêt contre le gouvernement, pour des raisons de postures, néfastes à l’action collective, alors que la droite est aphone, car tout cela alimente la montée du Front National. La France n’a plus besoin de débats sur le « sexe des anges », elle a besoin d’union et de travail pour s’en sortir. Face à certaines attaques contre le Président, il livre un témoignage. « Quelques mois avant l’élection présidentielle, pendant les « primaires », j’ai passé une journée avec François Hollande en Corrèze. On imagine facilement que dans sa tête il avait bien d’autres sujets de préoccupation. Eh bien pourtant, il a passé toute la matinée en réunion (j’y ai assisté) au Conseil Général à s’occuper uniquement des problèmes liés : aux personnes âgées, aux retraités sans beaucoup de moyens, aux personnes seules, aux handicapés… en essayant de voir comment on pourrait placer chez elles avec le financement du Département, un système de télé-alarme facilement déclenchable et relié à un « central » du Conseil général pour leur envoyer rapidement des secours au cas où ce serait nécessaire. Et il est comme ça depuis plus de trente ans que je le connais, depuis l’ENA. Donc je suis vraiment triste et révolté de voir qu’on veut le faire passer pour quelqu’un méprisant les plus démunis ».

Revenant à Démocratie 2012, il a rappelé les actions passées de D12 depuis le début de l’année et notamment les « Rencontres d’été des 26 et 27 juillet » dans le Gard. A l’issue de ces « rencontres », D12 a décidé de continuer bien sûr ses actions traditionnelles : groupes de réflexion, visites de terrain, déjeuners à l’Elysée, baromètres trimestriels, etc… Mais D12 donnera la priorité à deux axes : une réflexion sur le thème global « Comment adapter la France à la société nouvelle qui s’annonce », et un effort en direction des « jeunes » (réseaux, réflexion, propositions, espoirs…). Une amélioration du site internet sera aussi réalisé. D’ores et déjà chacun peut se rendre sur Politiclic pour le constater. Pour que D12 puisse continuer son action, totalement indépendante, il a demandé à tous de se mettre à jour de leurs cotisations (20 euros) et plus pour ceux qui le peuvent.

Il a aussi rappelé que D12, au cours des deux dernières années, très en amont, avait alerté l’Elysée sur bien des points devenus d’actualités : la situation des minorités chrétiennes au Moyen-Orient, les hold-ups dont étaient victimes les touristes Chinois en arrivant à l’aéroport, le problèmes des « seuils » pour les entreprises, l’absence de stabilité dans la définition précise de l’abus de droit, l’importance de la francophonie, la rétroactivité fiscale, le caractère sinistré du secteur du bâtiment, la détérioration du service public notamment la gendarmerie dans les zones rurales… pour ne citer que ceux là.

Il fit part aussi de ces doutes sur la façon dont avaient été lancées deux réformes : la réforme territoriale, par ailleurs nécessaire, et la réforme des professions règlementées. Il demanda notamment une grande prudence au gouvernement sur la réforme de la profession notariale.

Enfin Jean-Marie Cambacérès lança quelques propositions de D12 dans le débat politique à venir, notamment : suppression du retour automatique des ministres à leur poste de parlementaire, introduction de la proportionnelle au niveau national (pour au moins 10% des députés), suppression de la « réserve parlementaire », suppression de la rétroactivité fiscale, modification des statuts de l’Organisation Internationale de la Francophonie, accélération de toutes les mesures de « simplification »…

Après cette introduction, Dominique Villemot présenta son livre « La Gauche qui gouverne ».

Il rappela l’état de la France en mai 2012. On aurait du le dire beaucoup plus à l’époque, en faisant réaliser un audit de la France par un organisme indépendant, comme l’avait demandé D12 à l’époque. Il rappela ensuite tout ce qu’avait fait le Président et le Gouvernement depuis deux ans : essayer de baisser les déficits et de rétablir la compétitivité des entreprises, alors que cela n’avait pas été fait depuis 10 ans, en accompagnant cela de mesures sociales et de dialogue social. Tout cela, n’est pas une politique d’austérité comme en Grèce ou en Espagne, mais une méthode pour préserver le modèle social français dans la mondialisation. Le Président, dit-il, cherche aussi depuis le début à entrainer l’Europe dans une voie qui permettrait la relance. Dominique Villemot reconnut que les débuts étaient durs, ce qui entraine la baisse du Président dans les sondages, mais qu’il n’y avait pas d’alternative à gauche, sérieuse et durable. Même l’Europe commence à comprendre l’intérêt du discours du Président Français. La Commission va lancer un programme de grands travaux et la BEI commence à bouger. L’espoir du redressement est au bout du chemin.

Beaucoup de questions furent ensuite posées par les participants. Chacun donnant son satisfecit à la ligne du Président depuis janvier, mais s’interrogeant souvent : sur l’absence de résultats, sur une mauvaise communication, sur le fait qu’on ne parle pas assez des potentiels de la France, sur la non réactivité et la technocratie des cabinets ministériels, etc… Dominique Villemot répondit en détail à toutes les questions, il précisa aussi que François Hollande n’était pas un « monarque » qui imposerait ses idées mais qu’il voulait que les réformes engagées soient le fruit d’un dialogue social réactivé. Sur un plan général, il rappela qu’il fallait du temps pour que tout ce qui avait été fait donne des effets. Il pense aussi que François Hollande n’avait qu’un devoir pour l’instant : celui de faire ce qui était bon pour la France sans se soucier des élections futures.

En conclusion, Jean-Marie Cambacérès rappela, qu’au-delà des interrogations ponctuelles et des débats légitimes, Démocratie 2012 renouvelait son amitié et son soutien au Président de la République, surtout dans la période actuelle particulièrement dure pour lui.

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