– Les Calaisiens sont soulagés mais aussi prudents après le démantèlement de la « jungle ». Comment faire en sorte que les campements ne se reconstituent pas ?

« C’est une opération qui a été conduite de manière humaine et digne, mais aussi efficace et ferme. Plus de 5 000 migrants ont été évacués de Calais et accueillis dans 450 centres d’accueil et d’orientation (CAO) que le gouvernement a mis en place sur l’ensemble du territoire. Depuis le mois d’octobre 2015 ce sont donc 13 000 migrants qui auront été orientés à partir de Calais vers des CAO.

– Les Calaisiens sont soulagés mais aussi prudents après le démantèlement de la « jungle ». Comment faire en sorte que les campements ne se reconstituent pas ?

« C’est une opération qui a été conduite de manière humaine et digne, mais aussi efficace et ferme. Plus de 5 000 migrants ont été évacués de Calais et accueillis dans 450 centres d’accueil et d’orientation (CAO) que le gouvernement a mis en place sur l’ensemble du territoire. Depuis le mois d’octobre 2015 ce sont donc 13 000 migrants qui auront été orientés à partir de Calais vers des CAO.
Je félicite l’ensemble des services de l’État qui se sont mobilisés en lien avec les associations. J’insiste aussi sur ce qui a été la responsabilité des élus locaux qui ont accepté l’ouverture de ces centres dans leur commune et l’attitude de la population qui a été rassurée par la qualité de l’accompagnement de ces réfugiés.
J’exprime tout mon soutien et toute ma solidarité aux habitants de Calais qui ont supporté pendant trop longtemps une situation particulièrement tendue. Je les assure qu’il n’y aura pas de réinstallation sur la lande. Elle est évacuée. Elle sera sécurisée. Plus personne ne pourra la rejoindre.
Depuis lundi dernier, il n’y a d’ailleurs pas eu d’intrusion sur la rocade. Les ministres Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse suivront heure par heure cette opération jusqu’à son terme. »
– Il reste encore des mineurs isolés.
« Il y a encore plus de 1 500 mineurs isolés dans le centre d’accueil provisoire (CAP). Ils ont tous été mis à l’abri alors qu’ils vivaient il y a une semaine encore dans le froid et la boue. J’ai pu échanger au téléphone vendredi avec la Première ministre britannique, Theresa May. Bernard Cazeneuve (ministre de l’Intérieur) est en relation constante avec son homologue britannique pour régler cette question. Ces mineurs vont être accompagnés dans des centres dédiés, où des officiels britanniques pourront examiner leur cas. Ceux qui ne partiraient pas seront pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance à travers tout le territoire. Nous avons souhaité que cette charge nouvelle ne pèse pas sur les conseils départementaux (qui ont la compétence de l’aide sociale à l’enfance) et c’est donc l’État qui assumera financièrement cet accueil. Dans les prochains jours, il ne devrait plus y avoir de mineurs étrangers à Calais. »
– Seuls les mineurs ayant de la famille outre Manche iront en Angleterre ?
« J’ai demandé aux Britanniques d’aller au plus loin possible dans l’application de leurs critères. C’est leur devoir. Et c’est aussi une question de dignité humaine et d’intérêt de l’enfant. La France aura accueilli plus de 13 000 migrants relevant du statut de réfugiés depuis Calais en moins d’un an. Il est donc logique que le Royaume-Uni assume sa part de cet effort pour les mineurs qui disent avoir des liens familiaux avec l’Angleterre, mais également pour tous ceux dont c’est l’intérêt supérieur, comme le prescrit la loi britannique. »
– Au plus loin et au plus vite ?
« Ils en ont déjà accueilli plusieurs centaines. Ce processus fait partie des engagements pris. Les Britanniques doivent prendre toute la part qui leur revient dans le démantèlement du camp de Calais. »
– Une part des majeurs ne leur revient-elle pas également ?
« Notre priorité, ce sont les mineurs. Nous en étions convenus avec David Cameron. Je l’ai confirmé avec Theresa May et lui ai demandé de le faire le plus rapidement possible. Cela n’exclut pas les droits des majeurs à la réunification familiale au Royaume-Uni. »
– Les migrants continuent d’arriver. Combien la France pourra-t-elle répartir de migrants sur son territoire ?
« Après le 13 novembre dernier, nous avons instauré des contrôles à nos frontières, que nous ne relâchons pas. Ce contrôle a conduit à 49 000 refus d’admission aux frontières. Nous accueillons donc les personnes qui sont éligibles au droit d’asile. Nous appliquons les accords de Dublin en lien avec les pays membres de l’Union européenne qui ont accueilli ces populations en premier. Mais les migrants qui ne relèvent pas de l’asile doivent être raccompagnés dans leur pays d’origine et ils le sont. Ces reconduites se sont multipliées ces derniers mois. De même jamais le démantèlement des filières de l’immigration irrégulière n’aura été aussi important grâce au travail remarquable des services de police. »
– Quelle importance revêt ce musée du Louvre-Lens que vous avez inauguré ?
« Lors de son inauguration en décembre 2012, j’avais souligné que le Louvre Lens était un pari formidable dont j’étais certain de la réussite. Quatre ans après, c’est bien le cas. Le musée accueille 400 000 visiteurs par an, venus des Hauts-de-France, mais aussi du monde entier. Des expositions exceptionnelles y sont présentées et la Galerie des temps, sans cesse renouvelée, est en accès gratuit. Car le but, c’est de faire venir le public de l’agglomération et de la Région. Près de 800 emplois, directs ou indirects, ont été créés grâce au rayonnement de ce grand équipement.
Aujourd’hui, je viens annoncer officiellement l’installation du centre de conservation du Louvre à Liévin. Il abritera des dizaines de milliers d’œuvres venant des réserves du Louvre. Ce sera un pôle muséal sans équivalent en Europe. Plus de 60 millions d’euros d’investissement sont prévus. Ils seront financés par la région et par l’Établissement du Louvre. Les œuvres seront non seulement préservées mais aussi restaurées ce qui engendrera là encore des activités nouvelles. Les travaux démarreront dès 2017. »
– Et vous inaugurez une exposition sur la Mésopotamie.
« L’exposition rappelle que l’Histoire de notre Civilisation commence en Mésopotamie, c’est-à-dire, pour l’essentiel, là où se situe actuellement l’Irak. Elle rassemble plus de 400 objets, dont de nombreux chefs-d’œuvre et des pièces n’ayant jamais été montrées. Elle rappelle aussi que ce patrimoine mondial est menacé par la situation tragique au Moyen-Orient.
C’est pourquoi, au début du mois de décembre, une conférence internationale sur la préservation du patrimoine en péril, préparée par Jack Lang, se tiendra à Abou Dhabi. Les œuvres courant un risque pour leur intégrité pourront être confiées au centre de conservation de Liévin.
Je confirmerai aussi l’ouverture par l’Institut du monde arabe d’un établissement à Tourcoing, en plein accord avec la ville. C’est un élément qui conforte encore la décentralisation culturelle.
Je me suis rendu plusieurs fois dans les Hauts-de-France, notamment pour souligner le potentiel économique qu’elle recèle. Aujourd’hui, à travers le Louvre Lens et l’ensemble des musées nationaux, la région est un exemple de rayonnement culturel et d’attractivité touristique. Ses habitants peuvent en concevoir une légitime fierté. »
– Vous venez sur une terre historique pour la gauche. Que dites-vous aux militants suspendus à votre décision quant à la présidentielle ?
« L’essentiel aujourd’hui est de mettre en valeur ce que nous avons fait. Le chômage diminue depuis le début de l’année. Nous avons redressé la situation de nombreuses entreprises. Je pense par exemple à Arc International dans votre région. Nous avons mis les comptes publics en ordre, tout en accordant la priorité à l’éducation nationale, à la formation des jeunes et à la sécurité. C’est la fierté de la gauche que de l’avoir fait.
Nous avons aussi permis de véritables progrès, comme la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et la prise en compte de la pénibilité des métiers dans le calcul de la retraite. Nous avons généralisé la complémentaire santé et le tiers payant et rétabli l’équilibre de la Sécurité sociale sans procéder à des déremboursements des assurés sociaux. Nous avons pris des mesures fortes pour protéger les Français, en accroissant les effectifs de la police et de la gendarmerie que nos prédécesseurs avaient systématiquement réduit.
Et je n’oublie pas le pouvoir d’achat : dans le budget pour 2017, nous allons baisser non seulement les impôts des classes moyennes qui acquittent l’impôt sur le revenu, mais aussi la CSG pour les retraités modestes. Enfin, face au terrorisme, nous sommes partie prenante dans la lutte contre Daech en Irak et en Syrie. Voilà ce que nous avons réalisé dans un contexte très difficile. C’est ce bilan qui doit être valorisé. C’est ce que je fais avec le gouvernement de Manuel Valls. »
– Les militants et ceux qui se préparent comme recours doivent attendre sereinement.
« Oui. Chacun est à sa tâche et est conscient et ses responsabilités. Et moi le premier. Il faut aussi mettre en garde nos concitoyens par rapport à ce que proposent nos opposants. Certains prévoient la sortie de l’Europe, avec toutes les conséquences négatives que les Britanniques commencent à mesurer. Ils veulent isoler la France, ce qui serait économiquement désastreux. D’autres s’en prennent ouvertement à notre modèle social avec le report de l’âge de la retraite à 65 ans, la suppression des 35 heures et des baisses d’impôts pour les plus favorisés, à travers la suppression de l’ISF. Les comparaisons sur les projets seront utiles au moment du choix, mais nous n’en sommes pas encore là. Le temps de la campagne et de l’élection n’est pas encore venu. »
– Vous venez ce mardi à Lens inaugurer une exposition sur la Mésopotamie.
« L’exposition rappelle que l’histoire de notre civilisation commence en Mésopotamie, c’est-à-dire, pour l’essentiel, là où se situe actuellement l’Irak. Elle rassemble plus de 400 objets, dont de nombreux chefs-d’œuvre et des pièces n’ayant jamais été montrées. Elle rappelle aussi que ce patrimoine mondial est menacé par la situation tragique au Moyen-Orient.
C’est pourquoi, au début du mois de décembre, une conférence internationale sur la préservation du patrimoine en péril, préparée par Jack Lang, se tiendra à Abou Dhabi. Les œuvres courant un risque pour leur intégrité pourront être confiées au centre de conservation de Liévin.
Je confirmerai aussi l’ouverture par l’Institut du monde arabe d’un établissement à Tourcoing, en plein accord avec la Ville. C’est un élément qui conforte encore la décentralisation culturelle.
Je me suis rendu plusieurs fois dans les Hauts-de-France, notamment pour souligner le potentiel économique qu’ils recèlent. Aujourd’hui, à travers le Louvre-Lens et l’ensemble des musées nationaux, la région est un exemple de rayonnement culturel et d’attractivité touristique. Ses habitants peuvent en concevoir une légitime fierté. »
– Quelle importance revêt ce musée du Louvre-Lens que vous avez inauguré ?
«   Lors de son inauguration en décembre 2012, j’avais souligné que le Louvre-Lens était un pari formidable dont j’étais certain de la réussite. Quatre ans après, c’est bien le cas. Le musée accueille 400 000 visiteurs par an, venus des Hauts-de-France, mais aussi du monde entier. Des expositions exceptionnelles y sont présentées et la galerie du Temps, sans cesse renouvelée, est en accès gratuit. Car le but, c’est de faire venir le public de l’agglomération et de la région. Près de 800 emplois, directs ou indirects, ont été créés grâce au rayonnement de ce grand équipement.
Aujourd’hui, je viens annoncer officiellement l’installation du centre de conservation du Louvre à Liévin. Il abritera des dizaines de milliers d’œuvres venant des réserves du Louvre. Ce sera un pôle muséal sans équivalent en Europe. Plus de 60 millions d’euros d’investissement sont prévus. Ils seront financés par la Région et par l’Établissement du Louvre. Les œuvres seront non seulement préservées mais aussi restaurées, ce qui engendrera là encore des activités nouvelles. Les travaux démarreront dès 2017. »

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