Nous sommes un groupe de praticiens travaillant dans des institutions publiques, et ayant l’opportunité de réfléchir et contribuer à un certain nombre d’enjeux de politiques publiques. Dans le contexte du débat électoral actuel, et en accord avec un certain nombre de mesures proposées par le candidat du Parti Socialiste François Hollande, il nous parait opportun de rappeler les objectifs centraux de notre développement économique, qui sont notamment les entreprises, les territoires, l’énergie. Mais selon nous, ces objectifs doivent « faire système », et concourir à la nécessaire transition vers une croissance responsable. Il nous semble utile d’apporter au débat la contribution suivante.

1/ Il faut accompagner les entreprises dans leur développement en complétant l’offre de financement, insuffisante aujourd’hui pour la majorité d’entre elles : c’est un enjeu de création d’emplois, d’innovation et d’efficacité économique. Cet axe est largement développé dans le programme du Parti Socialiste. Pour autant qu’il soit nécessaire, nous souhaitons ajouter à cette action la dimension conseil et accompagnement des PME, qui rendra plus efficaces les apports de fonds. Nous soulignons – comme il est dit dans les propositions – la pertinence de stratégies régionales de développement économique. Cela supposera de nouvelles gouvernances entre les acteurs économiques publics et privés.

2/ Nombre de priorités du programme sont inscrites dans les territoires : logement, transports, accompagnement des collectivités territoriales, Politique de la Ville, énergie renouvelables… Un point complémentaire nous parait important à souligner concernant la mise en relation de ces différentes priorités entre elles par les territoires. En effet, il ne s’agit pas seulement de briques sectorielles, posées les unes à côté des autres ; elles doivent être pensées dans une logique horizontale, propre à chaque territoire. Avoir une vision territoriale de ces enjeux permet de les envisager de façon plus cohérente, plus précise et plus proche des besoins. De la même façon, il est indispensable de mieux connaître les impacts territoriaux des politiques publiques nationales.

3/ La transition énergétique doit être engagée résolument : soutien aux filières ENR, efficacité énergétique, enjeux de mobilité, mettre la question des trajets domicile-travail au cœur de l’aménagement… Cette transition passe par des investissements importants, territoriaux, caractérisés par un amortissement long, nécessitant des financements adaptés ; de nouveaux modes de valorisation de ce type d’investissements et d’évaluation de leur rentabilité dans le moyen terme sont à développer.

4/ Atteindre les objectifs précédents est une condition nécessaire à la transition vers une croissance responsable. Mais encore une fois, il ne s’agit pas seulement de la penser en silos, secteur par secteur, de façon verticale. Cette nouvelle croissance responsable appelle une vision de développement intégrée, transversale, inscrite dans la réalité des territoires. Il faut penser ensemble l’emploi et les compétences, les entreprises, le logement, les transports, comme des systèmes économiques locaux. Les circuits courts sont au cœur de ces stratégies de développement : boucles locales d’innovation, recyclage, écologie industrielle, agriculture de proximité, réseaux d’énergie décentralisée… C’est une vision enrichie du mode de croissance, qui permet de mieux penser les différentes échelles territoriales. Enfin, la croissance responsable ancre l’emploi dans les territoires, en privilégiant le développement des entreprises locales, et en favorisant les relations entre elles.

Ce mode de croissance s’appuie sur la nouvelle étape de la décentralisation présentée dans le programme, à laquelle nous adhérons. Nous suggérons un pas supplémentaire, celui de la démocratie territoriale. Les salariés, les habitants, les usagers, les citoyens œuvrent chacun à part entière à l’activité des territoires : ils doivent être impliqués à part entière dans la conduite des initiatives locales, quand ils n’en sont pas eux-mêmes les porteurs. Toute évolution de nos institutions vers plus d’ouverture à la participation citoyenne apparaît comme un débouclé naturel, mais aussi une condition de succès, de la croissance responsable.

Donata Cavalli
Pierre Barzet

membres d’Avenir Responsable

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