Intervention de Jean-Marie Cambacérès, lors de notre dernier dîner-débat du 18 novembre avant l’arrivée de l’ambassadeur Laurent Stefanini.

 

Chères amies, chers amis,

Je suis heureux de vous revoir nombreux pour la reprise de nos dîners-débats. D’autant plus que je note la présence de beaucoup d’entre vous venus de province, beaucoup de nouveaux (un tiers des présents) et beaucoup de jeunes. Tout cela est porteur d’espoir pour l’avenir après le contre coup des élections présidentielles et législatives de mai et juin derniers et le départ de quelques-uns d’entre nous vers En Marche ou des structures affidées. Je remercie Christian Tardivon et Savannah Macé pour l’organisation de cette soirée et je vais vous dire quelques mots avant l’arrivée de Laurent Stefanini, notre orateur pour ce soir.

1)      Bref retour sur les mois passés.
Tout d’abord, je souhaite faire un récapitulatif rapide des derniers mois, pour ceux qui n’ont pas participé à toutes les réunions depuis mai. En mai, AG de dissolution de D12 ; en juin, AG de l’association A2M acceptant les actifs moraux, matériels et financiers de D12 ; en juillet, Rencontres d’été traditionnelles (avec quelques déléguées ou délégués de moins que d’habitude, mais le tour de table avait été prémonitoire de ce qui allait arriver dans l’opinion à partir d’août) ; en août, la FNESER a relancé les Rencontres de la Rochelle ; en septembre, à Carcassonne, près de 200 personnes accueillaient François Hollande lors de la remise d’une décoration à Christine Pujol (beaucoup de membres de l’ex-D12 étaient présents et nous ont demandé de garder une référence à D12 pour notre action future). Par ailleurs Wenceslas Baudrillart a réalisé une compilation des textes principaux de D12. En octobre : Geneviève Tapié a organisé le 14 une grande réunion de l’Observatoire de la parité de la région Occitanie à Saint Affrique (près de 150 personnes) et aujourd’hui 18  nous organisons ce dîner-débat limité à 35 personnes, compte-tenu du nombre de places.

Donc, malgré la difficulté de la période, où tous les partis et toutes les structures se sont divisées, j’ai fait au mieux pour garder l’unité de notre Club et l’amitié entre ses membres, même si nous avons eu à déplorer quelques départs. Je suis moi-même  une sorte de point d’équilibre entre vous. Ma position avant mai, dite « des yeux ouverts », paraissait trop critique envers Macron pour certains d’entre vous et maintenant ma position de « ne pas critiquer trop rapidement » peut paraître trop conciliante envers Macron pour d’autres. J’assume et je proposerai une synthèse à la fin de mon intervention, permettant à toutes et à tous, je l’espère, de se retrouver et de rester ensemble.

2)      Nos axes de travail pour les mois qui viennent.
Pour répondre aux remarques qui m’ont été faîtes à Carcassonne, nous allons garder à l’intérieur d’A2M un club informel dénommé Club D12 et un autre club informel dénommé Club Viticulture. En ce qui concerne le Club D12, nous ne serons ni des « thuriféraires » du gouvernement (nous laissons cela aux nouveaux convertis), ni des « opposants systématiques » et je rajouterais, ni des « mouches du coches », nous laissons ce rôle à d’autres, qui semblent pressés de le jouer. Nous sommes indépendants, cela me donne l’occasion de vous rappeler de payer vos cotisations (20 euros et plus pour ceux qui le peuvent à payer par chèque à l’ordre d’A2M à envoyer au 12 rue Ernest Psichari 75007).
Pour nous inscrire dans une nouvelle logique, nous n’allons pas recréer des groupes de réflexion sur tous les sujets comme nous l’avions fait il y a 6 ans, nous n’allons pas non plus réagir tous les jours sur tous les sujets, nous allons concentrer notre action et notre réflexion autour de quelques axes.

–          Notre réflexion : 5 groupes vont être mis en place : 1) La promotion et la défense du Bilan de François Hollande autour de Nila Mitha en liaison avec Florence Ginisty et François Delcamp. Bilan, pas seulement sur le plan économique et social (dont les résultats sont maintenant reconnus), mais aussi sociétal et des réformes institutionnelles (système d’élection en tandem paritaire pour les départements, réforme des Régions) et enfin des grandes initiatives comme la candidature de Paris pour les JO ou la candidature d’Audrey Azoulay à la tête de l’UNESCO. Nous ferons cela non seulement par fidélité à François Hollande (cette notion de fidélité en politique a été fortement écornée ces derniers temps) mais aussi par honnêteté intellectuelle, pour « rendre à César ce qui est à César ». 2) Pour une politique ambitieuse de promotion de l’économie solidaire et sociale autour de Wenceslas Baudrillart. 3) Pour une grande politique européenne océanique, à l’instar de la politique spatiale européenne. ( Nous avons choisi ces deux thèmes car ils sont totalement absents du programme du Gouvernement et donc notre réflexion sera utile à la France). 4) La Convivencia : L’actualité ou non à l’époque actuelle de cette notion pour la vie entre communautés prônée en Occitanie au moyen-âge sera analysée. Cette réflexion sera d’abord testée dans la nouvelle région Occitanie par un groupe autour de Florence Ginisty. 5) Mise à jour de notre plate-forme « Pour un nouvel élan ».

Tous ceux qui sont intéressés par un de ces cinq groupes, peuvent nous écrire sur le nouvel email du Club D12 : a2mclubd12@hotmail.com. Nous les tiendrons au courant de ce qui va se mettre peu à peu en place à Paris et en régions pour cela.

–          Nos autres actions : 1) Les dîners-débats, autour de Christian Tardivon. 2) Les déjeuners de presse autour de Marie d’Ouince. 3) La mise à jour du site autour de Savannah Macé et Bernadette Bung. 4) Les réunions en régions avec Jean Levain (pour prêcher la bonne parole, maintenir et développer un réseau d’amies et d’amis) et les prises de contacts avec toutes celles et ceux (personnalités ou organismes) qui ont les mêmes intérêts et objectifs que nous.

3)      Synthèse à trois niveaux.
Je sens bien que les choses se tendent dans la Société française, aussi, au « stade actuel » (comme aurait dit Jean Poperen), je vous propose une synthèse, qui je l’espère permettra à chacun de se positionner plus ou moins sur tel ou tel aspect, selon sa sensibilité, et à nous tous de rester ensemble. Cette synthèse est à trois niveaux : le Président de la République, le Gouvernement et En Marche.

1) Le Président de la République Emmanuel Macron : la plupart d’entre nous avons voté pour lui au premier tour, et D12 avait appelé à l’unanimité à voter pour lui au deuxième tour. Il est Président de la France, et sauf à vouloir faire un coup d’Etat ou sauf accident, il est là pour cinq ans. Nous souhaitons qu’il réussisse. Il faut lui laisser du temps. C’est à lui d’avoir les attitudes, les mots et de promouvoir les projets lui permettant d’avoir la confiance des Françaises et des Français. Il peut changer de politique et changer de Gouvernement.
2) Le Gouvernement : dès sa nomination, malgré quelques personnalités de gauche, il y avait un Premier ministre de droite et les principaux responsables de Bercy de droite. Il ne faut donc pas s’étonner de certaines décisions de ce gouvernement « pâté de cheval et d’alouette ». Ce gouvernement n’est assuré d’aucune pérennité. Il a déjà subi des modifications et en subira d’autres. Le premier ministre peut aussi être changé. Le Club D12 essaiera d’être objectif. Les décisions qui ne nous semblent pas justes pour le peuple français, ni vraiment utiles pour la France, devront être critiquées, mais nous saluerons aussi ce qui nous semble positif notamment en matière Européenne.
3) En Marche : Ce mouvement, qui a déjà introduit beaucoup de confusion dans l’esprit de nos concitoyens en se disant « ni de gauche, ni de droite », ou « de gauche et de droite », veut accroître ce confusionnisme en s’appelant maintenant « les républicains en marche ». Ce mouvement veut détruire toutes les oppositions, sauf les deux extrêmes, et est donc dangereux pour la démocratie. Il est donc à considérer comme un adversaire sur le terrain comme au niveau national. Même si certains pensent que cela n’existe plus, je continue à penser que dans les pays démocratiques, la notion de droite et de gauche, ou plus largement d’un camp du progrès face à un camp conservateur, structurera encore longtemps les débats dans la politique française et Européenne, et même au-delà comme aux USA, même si bien sûr tout cela doit être adapté à notre époque. Je ne crois pas à la durabilité d’un « extrême centre », voulant détruire toutes les organisations politiques d’opposition à vocations gouvernementales pour se retrouver uniquement face à une « extrême droite » et une « extrême gauche ». La France n’a pas commencé avec l’arrivée d’EM, et je ne crois pas à la durabilité d’une organisation voulant minorer les élus, les corps intermédiaires (syndicats, associations…), les collectivités locales, tirant au sort ses responsables, remplaçant les débats et les votes par des « like », et avec , finalement, les méthodes d’une sorte de « populisme hytech ».

On me dit que ces trois niveaux sont formels et qu’en fait ils forment un tout. C’était totalement exact il y a cinq mois, mais ça l’est beaucoup moins maintenant, et je pense que plus le temps passera, plus mon analyse sera pertinente.

4)      Conclusion.
Comme nous l’avons dit lors de nos « rencontres d’été », notre objectif est de se préparer à la reconstruction d’une grande force politique : sociale, démocratique, européenne et écologique, qui seule permettra de reprendre le pouvoir pour reprendre la marche vers le progrès. Nous le ferons avec d’autres bien sûr, notamment ceux qui dans le mouvement socialiste sont dans le même esprit, même s’il faut bien le reconnaître que l’absence de ligne claire au Parti Socialiste et la mise en place d’une direction provisoire pléthorique ne sont pas très attirants. Cependant sur le terrain, les militants et sympathisants, le réseau très important d’élues et d’élus, ce mouvement de pensée, héritier de Jaurès, existe et ne demande qu’à être réactivé. Notre Club D12 sera prêt à se fédérer avec d’autres le moment venu pour aboutir à ce but, comme à une autre époque de l’histoire de la gauche française où François Mitterrand avait réussi à faire coaguler de nombreuses initiatives et à lancer un nouveau mouvement socialiste succédant à la SFIO, puis rassemblant encore plus large autour de lui.

En attendant, pour « donner du temps au temps » comme disait le même François Mitterrand, nous avions décidé lors de nos « rencontres d’été » de juillet d’organiser notre dîner-débat de rentrée, en octobre, sur un sujet le moins clivant possible, à savoir « la politique et le vin » que nous avons converti en « la gastronomie et la diplomatie » avec Laurent Stefanini ancien chef du Protocole à l’Elysée et actuel ambassadeur de France auprès de l’UNESCO, à l’occasion de la sortie de son livre (déjà épuisé) « A la table des diplomates. De François 1er à la COP 21 ».

Nous allons donc l’accueillir dans quelques instants et je vous souhaite à toutes et à tous une bonne soirée.

 

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