Le bilan

 

Encore une fois j’ai pu vérifier que malgré les déceptions, parce que les attentes étaient fortes, lors des échanges avec des amis il y a une reconnaissance à la fois des avancées dans les domaines sociaux et économiques et la prise en compte  travail qui a été fait pour tenir le cap dans un contexte très difficile et dangereux pour notre démocratie. Lors de plusieurs dîners avec des personnes engagées dans la vie publique corrézienne (et ce n’est pas l’effet Corrèze) j’ai pu constater que le Hollande bashing avait eu un effet dévastateur mais qu’il était perçu en tant que tel et que la plupart reconnaissaient à travers des exemples concrets des avancées réelles. Mais qui fait le service après-vente ? Lors d’une discussion avec des ouvriers maçons qui avaient plus de 50ans nous avons évoqué le départ à la retraite. L’un d’eux a pour projet de voter Marine le Pen et ils sont employés dans une entreprise de trois salariés. Je leur ai expliqué le dispositif carrière longue ainsi que le compte pénibilité (un peu compliqué à mon avis, mais là je parle en tant qu’employeur), ils n’étaient pas au courant !

J’ai vraiment l’impression à la fois d’une communication difficile ou inefficace et également d’une telle dispersion, segmentation des projets qu’on n’en perçoit pas la dimension globale notamment les avancées en terme de justice sociale.

En ce qui concerne les TPE, nous avons là, me semble t-il, un champ de travail pour D12 . Lorsque j’étais à la CFDT nous avions déjà posé la question des relais d’information des salariés dans les toutes petites entreprises lorsqu’il n’y a pas de délégués du personnel ou de CE.

 

La campagne

Trois candidats retiennent bien sur mon attention et l’attention des membres de D12. Personnellement si je préfère globalement un programme je trouve des éléments d’accord dans les deux autres et je n’ai pas peur de voir arriver un des trois au second tour, ce que j’espère. Je n’ai pas peur parce que nous sommes en démocratie et que les espaces de négociations restent ouverts. Je n’ai pas peur parce que je pense qu’aujourd’hui et demain, la société civile joue et va jouer un rôle encore plus important dans le vie publique. Ce n’est pas seulement son droit, c’est son devoir. Nous sommes toute et tous des femmes et des hommes politiques. Nous devons l’affirmer pour redonner à chacun le sens et le devoir de l’engagement citoyen. Nous devons inverser la proposition «  il n’y a pas de droits sans devoirs » en « il n’y a pas de devoirs sans droits » et l’un des premiers de ces devoirs et de participer activement à la construction de la société.

Bien sur aucun des programmes que nous pourrions soutenir ne comprend la totalité de ce que nous attendons chacun. Nous sommes contraints au compromis. C’est comme ça et c’est comme ça que nous avançons dans le dialogue, la confrontation des idées. Il n’est pas utile de se déchirer pour autant.

Alors cette campagne nous montre une mouvement de radicalisation. Comment peut-il en être autrement dans un contexte où les inégalités dans les domaines économiques sont démesurées ? où les inégalités devant le traitement de la délinquance s’affiche au grand jour ? où l’insécurité sociale trouve son bouc émissaire dans l’étranger, le différent ? Ce qui m’amène à parler du FN.

 

FN et vote utile

En ce qui me concerne, il n’y a pas de vote plus utile que celui qui consiste à voter pour un programme qui va dans le sens de ses convictions. Je crains, et les expériences passées semblent le démontrer, que sinon nous ne faisons que repousser le problème aux prochaines échéances.

Car c’est bien dans la question de la pauvreté, dans les sentiments d’injustice, d’insécurité sociale, de déclassement, que se prépare le terrain favorable à la montée d’une radicalisation qui va s’exprimer sous différentes formes (religieuses, politiques). Votons donc en conscience pour le programme qui nous semble le plus à même de faire face à ces enjeux.

Nous avons là une responsabilité majeure en restant vigilant pour que chaque action publique respecte les principes de notre république. Nous ne pouvons pas être complaisants avec les attitudes, les propos de celles et ceux qui estiment que leur position,leur statut les exonèrent du respect des ces principes. Qu’ils soient élus, actionnaires d’entreprises, banquiers ils sont responsables de la paix sociale et du devenir de notre planète au même titre que nous le sommes tous.

 

En conclusion provisoire.

D12 s’est positionné dés le début en soutien à François Hollande par des membres de la société civile. La poursuite de ce positionnement doit se faire (c’est une proposition) en tant qu’acteur participant activement à l’enrichissement du débat public dans le respect des engagements de chacun. Nous devons aborder les questions qui nous préoccupent dans la diversité des approches.

Peut être devons revoir le terme de société civile pour mieux affirmer l’engagement citoyen, politique…

 

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