Amis, compagnons et camarades.

Vous trouverez ci-dessous un billet d’humeur que j’espère scandaleux.

Il est de bon ton aujourd’hui de se moquer avec le plus de cruauté possible d’un Président de la République qui commet la faute majeure de se confier pendant toute la durée de son mandat à des journalistes sans envisager de relecture avant publication

N’a-t-il rien d’autre à faire ?  Comment a-t-il pu penser même une seule seconde les horreurs qui sont répétées sur les footballeurs, les magistrats, les femmes voilées, la fête des amis…et bien d’autres sujets ? Comment peut-il espérer, surtout que cette naïveté ne soit pas sanctionnée ? A-t-il bien pris compris qu’un Président, en sa Majesté n’a pas le droit de livrer ainsi ses pensées quotidiennes ?

Telles sont les critiques les plus modérées que nous entendons, notamment quant elles viennent des amis, ou des anciens amis du Président qui n’ont pas l’air d’être à la fête.

 

Est-il possible de voir les choses autrement ? Non et non, à moins d’être un imbécile. Acceptons de l’être un instant au moins ou plus durablement.

Un Président de la République n’est ni un Monarque ni un Empereur. Il n’est pas certain que les prédécesseurs de François Hollande en aient pris conscience. Il est acquis, du fait de ces publications et du fait même des formules malencontreuses relevées ici ou là qu’il a, lui, accepté de n’être qu’un homme.  Le premier certes mais parmi les autres.

La transparence, réclamée partout à hauts cris n’est manifestement qu’une formule. Elle est exigée mais sous réserve qu’elle préserve toute l’opacité bienséante

Etre Président peut aussi vouloir dire s’interroger, consulter, renoncer, se tromper, plutôt que de prétendre franchir tous les jours le Pont d’Arcole les décrets à la main.

François Hollande ne se prend pas pour De Gaulle au contraire de nombre de ses prédécesseurs y compris à Gauche. Les Gaullistes impénitents lui en savent infiniment gré.

Il n’a pas choisi de publier, comme d’autres, un tract électoral en forme de livre.

Ce que nous disent ces confidences, c’est d’abord qu’il n’est pas interdit d’assumer clairement ses actes mais aussi ses hésitations. C’est aussi qu’il faut savoir se départir dès le premier instant de la cuirasse qui protègerait si l’information n’était pas ce quelle est et les micros ce qu’ils sont devenus.

 

C’est difficile la République quand trop de grenouilles demandent un roi.

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